Le corps d’une femme de 37 ans, ressortissante ouzbèke, a été retrouvé décapité dans une benne à ordures à Istanbul, dans le quartier de Sisli. Les enquêteurs ont identifié la victime et vu sur les images des caméras de surveillance deux hommes déposant une valise dans une autre benne; peu après, des arrestations ont été opérées à l’aéroport d’Istanbul et un troisième suspect a été interpellé, selon l’agence DHA. Des marches de protestation sont prévues à Istanbul et Ankara à 16 heures locales pour exiger des mesures contre les féminicides. Des associations publient des chiffres non officiels pour 2025 et appellent à des actions concrètes face à ce phénomène, qui fait l’objet d’une indignation croissante dans le pays.

À Istanbul, investigations et arrestations autour de la victime
Selon DHA, la victime est une ressortissante ouzbèke de 37 ans et les enquêteurs n’ont pas retrouvé dans l’immédiat la tête ni les jambes. En visionnant les images des caméras de surveillance, ils ont vu deux hommes déposer une valise dans une autre benne. Peu après, la police a interpellé deux suspects à l’aéroport d’Istanbul alors qu’ils tentaient de quitter le pays; un troisième suspect a été interpellé peu après.
Des marches de protestation ont été annoncées à Istanbul et Ankara pour 16 heures (14 heures en France), afin d’exiger des mesures contre les féminicides. « Nous ne connaissons pas encore le nom de la victime, mais nous savons que ce crime est le fruit de la violence masculine ! », a écrit le groupe Féministes contre le féminicide sur X, promettant de « descendre dans la rue » pour qu’il n’y ait plus de victime. Le maire de Sisli, Resul Emrah Sahan, a déclaré que ces meurtres constituent un « problème social majeur » et a appelé à une action coordonnée pour s’attaquer au problème.
La Turquie ne publie pas de chiffres officiels sur les féminicides, laissant cette tâche à des organisations qui compilent des données à partir d’articles de presse. Des chiffres fournis par l’ONG « Nous mettrons fin aux féminicides » font état de 294 femmes tuées par des hommes et de 297 autres retrouvées mortes en 2025.

Mobilisations et chiffres autour des féminicides en Turquie
Dans la foulée de l’affaire, des manifestations ont réuni des dizaines de personnes dans le quartier de Sisli et à Ankara. Isil Kurt, membre de l’organisation « We will stop femicide », a déclaré: « Les auteurs étaient tellement persuadés que rien ne leur arriverait qu’ils ont pu tout simplement abandonner le corps de la femme qu’ils ont tuée dans une benne, au vu et au su de tous », a-t-elle précisé. Des communications publiques insistent sur le fait que la Turquie n’a pas de chiffres officiels publiés, et que les ONG s’appuient sur la presse pour estimer l’ampleur du phénomène.
Selon les chiffres compilés par la plateforme « We will stop femicide », 294 femmes ont été tuées par des hommes et 297 femmes ont été retrouvées mortes dans des circonstances suspectes en 2025. Le maire de Sisli a réaffirmé que ces meurtres représentent un « problème social majeur » et a appelé à une action coordonnée pour s’attaquer au fléau.
La situation est suivie de près par des organisations internationales et les médias turcs, qui relèvent la difficulté de produire des statistiques fiables dans un contexte sociopolitique complexe. Des voix s’élèvent pour exiger des avancées concrètes en matière de prévention et de soutien aux femmes concernées par la violence domestique et les crimes de haine, tout en soulignant la nécessité d’un dialogue public continu.