À l’Assemblée nationale, la séance de budget 2026 s’annonce encore agitée. Deux motions de censure déposées par la gauche hors PS et l’extrême droite devraient être examinées ce mardi, en réaction à la décision de Sébastien Lecornu d’utiliser une nouvelle fois le 49.3 pour faire adopter la partie dépenses et l’ensemble du budget de l’État pour 2026. Le Premier ministre pourrait engager une nouvelle responsabilité du gouvernement et faire face à deux motions supplémentaires susceptibles d’être rejetées avant la fin de la semaine; le Sénat est appelé à examiner le texte ensuite.

À l’Assemblée, deux motions de censure sur le budget 2026
Vendredi, l’Assemblée nationale a repoussé deux premières motions de censure, permettant l’adoption de la partie « recettes » du texte : celle des groupes Insoumis, écologiste, GDR (communistes et ultra-marins) a obtenu 269 voix, 19 de moins que les 288 nécessaires pour faire tomber le gouvernement ; celle du RN et de son allié le groupe ciottiste UDR 142 voix.
Le PS a refusé de s’associer à la motion de gauche — à l’exception de cinq députés —, estimant avoir obtenu des « avancées » après de longs mois de discussions avec le gouvernement. Le groupe PS met ainsi en avant « huit milliards de recettes de justice fiscale en plus », et « 12 milliards de pouvoir d’achat en plus » par rapport à la version initiale du texte.
« Nous prenons ces motions de censure très au sérieux, avec beaucoup d’humilité, beaucoup de responsabilité », a déclaré lundi soir sur LCP le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous, estimant toutefois « cohérent » qu’elles soient de nouveau rejetées du fait du compromis trouvé sur l’ensemble du texte.
Dans le texte de leur motion, les groupes de gauche hors socialistes critiquent de leur côté un budget qui « sacrifie une nouvelle fois l’écologie », « des coupes budgétaires » d’un « niveau inédit », et un « renoncement démocratique majeur » dans le fait d’utiliser le 49.3. Le RN et l’UDR dénoncent eux aussi le « reniement de la parole » du Premier ministre, et sur le fond un budget qui « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat », « n’offre aucune mesure de justice fiscale » ni « aucune économie structurelle », et « continue de creuser le déficit ».
Dans sa réponse aux députés, le Premier ministre devrait selon son entourage se montrer « assez ferme face aux motions de censure, car le spectacle envoyé à l’étranger par les censeurs est dramatique ». Il devrait aussi « souligner l’importance des dépenses militaires », en hausse de 6,7 milliards par rapport à 2025, à l’heure de très fortes turbulences géopolitiques. Le Premier ministre a souhaité fermer la page du budget vendredi, récusant tout « immobilisme » et appelant à « avancer » alors que « très vite la campagne présidentielle va débuter ».
Réactions et échéances
Après l’annonce du rejet des deux motions, des voix se poursuivent sur la manière dont se déroulera la suite: le budget 2026 pourrait être transmis au Sénat après une adoption en nouvelle lecture et revenir ensuite pour une lecture définitive rapide.
Selon des sources proches du gouvernement, le Premier ministre entend maintenir une ligne ferme face aux motions et rappeler l’importance des dépenses militaires dans un contexte de turbulences géopolitiques. « immobilisme » et « avancer » seront au centre des échanges dans les prochains jours; le calendrier prévoit que le Sénat étudie le texte jeudi et que les lectures se succèdent rapidement si les motions restent rejetées.