Les défaillances d’entreprises en France atteignent un niveau record en 2025, selon les données du cabinet Altares. Près de 70 000 procédures de sauvegarde, redressement ou liquidation ont été recensées sur l’année, dont 19 000 au quatrième trimestre. Si la région Auvergne-Rhône-Alpes affiche des signes d’amélioration en fin d’exercice, l’ensemble du territoire demeure sous pression avec plus de 8 100 dossiers, un contexte particulièrement difficile pour les PME et les secteurs sensibles comme la mécanique industrielle, la restauration ou le commerce automobile.
n
nn
En Auvergne-Rhône-Alpes, les défaillances reculent au quatrième trimestre 2025
n
Selon Altares, la région affiche une amélioration en fin d’année: les défaillances reculent de 2,7 % au T4 2025, ce qui permet d’initier une bascule dans le vert après une année marquée par une forte pression. Néanmoins, le cumul 2025 reste élevé avec plus de 8 100 redressements et liquidations recensés dans la région et des tensions persistantes pour les entreprises de plus de 15 ans et pour des secteurs comme la mécanique, la restauration et le commerce automobile.
n
Altares souligne aussi des signaux d’amélioration qui laissent entrevoir, avec prudence, une accalmie en 2026, notamment le recul des liquidations directes et la relative stabilisation de l’emploi menacé dans les segments les plus exposés.
n
Bilan national et disparités régionales
n
Au niveau national, Altares chiffre à près de 70 000 défaillances en 2025, dont 19 000 cas au quatrième trimestre. Le bilan est qualifié de « triste record » par Thierry Millon, directeur des études Altares, qui rappelle que ces chiffres reflètent des faiblesses financières (capitaux insuffisants), logistiques (supply chain peu résiliente) ou structurelles (transition numérique incomplète) de l’écosystème entrepreneurial français.
n
Dans plusieurs régions, la situation s’améliore: Normandie, Hauts-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes et Grand Est enregistrent des hausses de défaillances moins marquées au T4; en Bourgogne-Franche-Comté, les défaillances se sont envolées de 11,1 % au T4 2025; dans les Pays de la Loire, la situation se dégrade fortement en fin d’année avec des défaillances en hausse de 22 %.
n
Sur le plan sectoriel, la construction s’améliore avec une baisse des défaillances de 3,2 % au T4, les travaux publics reculent de 13 % et l’immobilier de 21 %; l’industrie, au contraire, se dégrade avec une hausse de 4,7 % des défaillances, portée par l’industrie manufacturière (+6,4 %).
n
Dans l’agriculture, les défaillances augmentent de 14,4 %, et la viticulture affiche la plus forte dégradation, en hausse de 18 %, notamment en Nouvelle-Aquitaine.
n
Des signaux positifs pour 2026 et des pistes d’évolution
n
Malgré ces résultats, plusieurs signaux positifs émergent et laissent entrevoir – sans naïveté – une accalmie pour 2026, estime Altares. Parmi eux, le recul des liquidations judiciaires directes, une baisse des défauts dans les entreprises de moins de 100 salariés et une meilleure résistance des entreprises âgées de 3 à 10 ans.
n
Sur le terrain, les secteurs restent sous tension mais montrent des trajectoires divergentes: la construction et les travaux publics affichent des chiffres en repli, tandis que l’industrie demeure sous pression; l’agriculture et la viticulture connaissent des hausses notables, attestant de la fragilité conjoncturelle de certaines branches.
