Espaces « no-kid », violences sexuelles et protection de l’enfance occupent l’actualité autour des droits des enfants en France. Le Défenseur des enfants, Eric Delemar, appelle à un véritable sursaut politique et rappelle le coût humain, psychologique et économique d’une protection jugée insuffisante. La polémique autour d’une classe affaires Optimum « sans enfants » de la SNCF relance le débat sur l’usage des espaces publics et sur la place des mineurs dans la société. L’institution précise qu’elle reçoit plus de 4 000 saisines chaque année, notamment sur des atteintes au droit à l’école, des enfants en danger non repérés et des décisions non mises en oeuvre.

Des droits des enfants régulièrement bafoués et un appel au sursaut politique
Le Défenseur des enfants Eric Delemar affirme que les droits des enfants sont « régulièrement bafoués » en France et que seule une réaction politique forte peut inverser la tendance. Il souligne que la jeunesse est souvent déconsidérée et que les politiques publiques manquent l’objectif à long terme, se concentrant sur les échéances électorales prochaines. « On déconsidère nos enfants, les enfants ne sont jamais la priorité, ils n’ont pas le droit de vote donc ils ne comptent pas, et pourtant ils sont plus de 14 millions dans notre société », a-t-il déclaré. Il ajoute que « la jeunesse n’a jamais été aussi contrainte qu’aujourd’hui : on la stigmatise, on ne supporte plus que les enfants jouent dans la rue, qu’ils fassent du bruit, et en même temps on leur reproche d’être sans arrêt sur les écrans, à la maison, donc on est dans des injonctions paradoxales », ajoute-t-il. Le manque de considération a des coûts humains, psychologiques et économiques.
Autorité indépendante chargée de veiller au respect des droits, le Défenseur des enfants reçoit en moyenne chaque année plus de 4 000 saisines, notamment sur des atteintes au droit à l’école, « des enfants en danger non repérés » et « des décisions non mises en oeuvre ».
La polémique No Kid et les réactions
La discussion s’est cristallisée autour de la polémique d’une offre Optimum « sans enfants » de la SNCF, qui a suscité des réactions et mis en lumière les tensions autour de l’accès aux espaces publics pour les mineurs. Sans se prononcer sur le cas précis, le Défenseur des enfants a jugé la tendance à des espaces « no kid » « scandaleuse ». « Qui oserait dire aujourd’hui qu’il faut interdire tel espace de transport, tel espace public, à telle catégorie d’adultes ? », s’est-il interrogé. Or on a des politiques publiques qui sont court-termistes, on ne s’adresse pas aux générations précédentes, aux générations suivantes, on s’adresse aux élections prochaines, dénonce-t-il.
Cette controverse rappelle que les droits des enfants exigent une approche de long terme et des actions concrètes pour protéger l’enfance, tout en tenant compte des réalités sociales et des espaces publics.
