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    Déserts médicaux : le plan Bayrou contesté par les syndicats de médecins

    France

    Le plan présenté ce vendredi par François Bayrou pour lutter contre les déserts médicaux suscite une vive réaction des syndicats de médecins, qui restent dubitatifs face à l’une des mesures phares : l’obligation pour les médecins de consacrer jusqu’à deux jours par mois à des consultations dans des zones médicalement déficitaires, contre une compensation financière.

    Un dispositif contraignant au cœur des controverses

    Le Premier ministre a annoncé que chaque médecin, généraliste ou spécialiste, exerçant dans une zone bien dotée en professionnels de santé, devra désormais réserver un ou deux jours par mois pour consulter dans des territoires en difficulté d’accès aux soins. Cette mesure, visant à rééquilibrer la répartition des professionnels, est assortie d’une compensation financière.

    Pourtant, cette proposition ne fait pas l’unanimité chez les médecins. Sur France Inter, Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre (UFML), a fermement refusé cette obligation : « On n’oblige pas les médecins libéraux, c’est dur à entendre mais c’est comme ça ». Il insiste sur le fait que les praticiens libéraux ne sont pas des agents de l’État et que forcer cette mesure serait synonyme d’échec.

    Des médecins appelant à une co-construction et des conditions adaptées

    Jérôme Marty regrette le manque de dialogue avec les professionnels concernés : « Il faut qu’ils apprennent à construire avec nous et qu’ils arrêtent de dire ‘on va obliger’ ». Il souligne également que les déserts médicaux sont surtout des déserts de spécialités, nécessitant des plateaux techniques adaptés. L’exemple des ophtalmologues est évocateur : « Comment vont-ils travailler sans matériel adéquat ? »

    Il questionne aussi la pertinence pour un médecin de sacrifier sa patientèle habituelle pour n’en voir qu’une partie dans une zone dépeuplée, insistant sur la nécessité d’une contrepartie claire et attractive.

    De son côté, Patricia Lefébure, présidente de la Fédération des médecins de France (FMF), rappelle que ce principe de solidarité avait déjà été proposé il y a 10 à 15 ans, lorsque le nombre de médecins était plus important. « Aujourd’hui, il n’y a plus de médecins, c’est un peu tardif », déplore-t-elle.

    Une mesure coercitive qui inquiète le milieu médical

    Jean-Christophe Nogrette, secrétaire général de MG France, le principal syndicat des médecins libéraux, estime qu’« une mesure de contrainte ne peut que diminuer l’offre de soins ». Interrogé par franceinfo, il explique que si un médecin déclare ne pas pouvoir effectuer ces consultations, c’est souvent parce que c’est réellement impossible. La solidarité doit selon lui rester volontaire.

    Le syndicaliste met également en garde sur les exigences logistiques et matérielles nécessaires : « Il faut des locaux, un secrétariat, un logiciel médical, un ordinateur, une pièce équipée… cela ne s’improvise pas en cinq minutes ». Il salue cependant que le Premier ministre ait écarté l’idée d’une obligation d’installation décidée par l’État.

    Une opposition marquée face à la proposition de loi transpartisane

    Cette mesure s’inscrit dans une proposition de loi transpartisane adoptée par l’Assemblée nationale début avril, contre l’avis du gouvernement. Le texte prévoit notamment une régulation de l’installation des médecins sur le territoire. Son article principal oblige les praticiens à obtenir l’accord de l’Agence régionale de santé (ARS) pour s’implanter : dans certaines zones, un médecin ne pourra s’installer que si un autre part.

    Cette initiative suscite la colère des médecins libéraux, des étudiants en médecine, des internes et des jeunes médecins, qui craignent un effet néfaste sur l’attractivité de la médecine libérale, considérée comme un pilier du système de santé français. En réaction, un appel à la grève illimitée a été lancé à partir du 28 avril, accompagné de manifestations prévues le 29 avril dans toute la France.

    Un plan gouvernemental dévoilé dans le Cantal

    Le gouvernement a choisi le département du Cantal pour présenter officiellement son plan de lutte contre les déserts médicaux. Lors de ce déplacement, François Bayrou abordera notamment la question sensible de la liberté d’installation des médecins, alors que l’accès aux soins se dégrade particulièrement dans les zones rurales.

    Par ailleurs, les députés ont récemment adopté un article de loi régulant l’installation des médecins. Si le texte est confirmé en mai, il sera nécessaire d’obtenir l’autorisation de l’ARS pour exercer, accentuant le contrôle sur l’implantation des professionnels de santé.

    Ce déplacement permettra aussi aux professionnels de santé locaux, notamment ceux de Puycapel, de faire part des difficultés rencontrées pour assurer l’accès aux soins dans ces territoires fragilisés.

    Déserts Médicaux | François Bayrou | Médecins | Syndicats | Santé | Consultations | Zones Rurales | France
    source:https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/deserts-medicaux-le-plan-de-francois-bayrou-n-emballe-pas-les-syndicats-de-medecins-7774747#xtor=RSS-10

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