Deux détenus ont été condamnés à deux ans et demi de prison ferme par un tribunal de Marseille pour avoir relayé sur Snapchat un « contrat » de 120 000 euros visant la directrice de la prison des Baumettes, commandité par DZ Mafia, une nébuleuse du narcotrafic marseillais. Othmane B. et Sabrina M., trentenaires, ont assisté par visioconférence au délibéré, chacun depuis sa cellule. Les juges les ont condamnés pour apologie de crime et délit, tout en relaxant les prévenus pour les faits d’« intimidation et menaces ». La directrice, exfiltrée et protégée, s’est exprimée publiquement à la barre lors de l’ouverture du procès le 13 janvier. Interdits d’entrée dans les Bouches-du-Rhône et de tout contact avec elle, les condamnés disposent d’un délai de dix jours pour faire appel.

Marseille: condamnation et cadre du dossier
Le tribunal correctionnel a retenu l’apologie de crime et le délit qui reposent sur la diffusion du « contrat » sur les réseaux sociaux. La procureure avait requis à leur encontre deux ans de prison, dont six mois avec sursis probatoire, assortis d’un mandat de dépôt, pour « apologie publique de crime » et « menace, violence ou acte d’intimidation envers un dépositaire de l’autorité publique pour qu’il s’abstienne d’un acte de sa fonction ». La directrice de la prison des Baumettes s’est exprimée publiquement pour la première fois à la barre des témoins à l’ouverture du procès le 13 janvier, affirmant: « Vous avez brisé ma vie. Je ne vais pas bien du tout », avait-elle témoigné. Interdits d’entrée dans les Bouches-du-Rhône et de tout contact avec le centre, les deux prévenus disposent d’un délai de dix jours pour faire appel.
Les deux détenus, Othmane B. et Sabrina M., étaient présents par visioconférence lors du délibéré, et les juges les ont condamnés pour apologie du crime et délit. Ils avaient reposté une « offre d’emploi » circulant sur Snapchat et promettant 120 000 euros à quiconque assassinerait la directrice, une promesse revendiquée par le groupe DZ Mafia, figure majeure du narcotrafic marseillais.
DZ Mafia et enjeux sécuritaires en milieu pénitentiaire
Le dossier relie le message à DZ Mafia et rappelle le constat récurrent selon lequel les réseaux sociaux peuvent servir de vecteur de menaces contre des autorités pénitentiaires. Selon le récit du procès, le contrat avait été diffusé depuis les cellules des détenus et publié sur des plateformes grand public, ce qui a conduire à une action judiciaire rapide. La directrice des Baumettes a pris la parole pour décrire l’impact des menaces sur sa vie et son travail, et a rappeler être sous protection après son exfiltration de Marseille. Le tribunal et les procureurs ont insisté sur la nécessité de distinguer les contenus publics et les actes réels, même lorsqu’ils apparaissent sous forme de messages ou de promesses financières.
Les juges n’ont pas retenu les faits d’« intimidation et menaces » dans ce dossier précis. Selon les plaignants et les avocats, le risque demeure réel pour les personnels pénitentiaires et les proches, et le cas illustre les limites des poursuites lorsque des messages numériques touchent des personnes éloignées géographiquement. Le verdict intervient également après un contexte de vigilance accrue autour des établissements pénitentiaires et des directives sur la gestion des contenus publiés en ligne par les détenus.