Deux militaires américains sont portés disparus dans le sud-ouest du Maroc après avoir participé à l’exercice multinational African Lion, ont annoncé dimanche les autorités américaines et marocaines. Les recherches se poursuivent dans une zone côtière difficile, près de Tan-Tan et du site d’entraînement de Cap Draa, alors que les premiers éléments laissent penser à un accident plutôt qu’à une attaque.
Selon l’AFRICOM, les forces américaines, marocaines et d’autres pays partenaires ont lancé une opération de recherche et de sauvetage mobilisant des moyens terrestres, aériens et maritimes. Un responsable américain cité par Reuters a indiqué que les deux soldats pourraient être tombés dans l’océan après avoir été vus près d’une falaise. Le même responsable a précisé que l’incident n’était pas lié au terrorisme.
Une disparition survenue hors du cadre des manœuvres
L’Associated Press précise que les deux militaires sont des soldats de l’armée américaine qui avaient quitté le cadre strict des exercices pour une randonnée récréative. Selon cette version, les exercices de la journée étaient terminés lorsqu’ils ont disparu. Cette nuance est importante : à ce stade, il ne s’agit pas d’un accident survenu pendant un tir, une simulation tactique ou une phase de combat, mais d’un incident touchant des personnels engagés dans l’événement militaire plus large.
Les autorités marocaines ont confirmé que les soldats avaient disparu samedi soir, aux environs de 21 heures, près de la zone de Cap Draa, dans un secteur montagneux mêlant désert et semi-désert, à proximité de l’Atlantique. L’AP rapporte que les équipes de recherche comprennent des hélicoptères, des navires, des unités de secours en montagne et des plongeurs. La priorité, pour l’instant, est de retrouver les deux hommes au plus vite et de déterminer les circonstances exactes de leur disparition.
Un exercice majeur de l’armée américaine en Afrique
African Lion est le principal exercice conjoint annuel de l’U.S. Africa Command sur le continent africain. Il vise à améliorer l’interopérabilité entre les forces américaines, les alliés de l’Otan et les partenaires africains. L’édition 2026 a débuté à la fin du mois d’avril et doit se poursuivre jusqu’au début du mois de mai, avec des volets organisés dans plusieurs pays, dont le Maroc, la Tunisie, le Ghana et le Sénégal.
Au Maroc, la partie la plus importante de l’exercice réunit plusieurs milliers de militaires de nombreux pays. Les chiffres fournis par Reuters et l’Associated Press diffèrent légèrement dans leurs descriptions, mais les deux sources convergent sur un point essentiel : il s’agit d’un des plus grands rendez-vous militaires annuels auxquels participent les États-Unis sur le continent africain. Ce poids logistique explique la rapidité de la réponse après la disparition des deux soldats.
Au-delà du simple incident, l’affaire rappelle aussi les risques très concrets liés à ce type de manœuvre dans des environnements parfois accidentés. Les zones proches de la côte atlantique, les falaises et les reliefs du sud marocain peuvent compliquer les recherches, en particulier lorsque la visibilité est réduite ou que le terrain est difficile d’accès.
Le Maroc, partenaire clé de Washington dans une région instable
Le Maroc reste un allié important des États-Unis dans une région marquée par de fortes tensions sécuritaires. L’exercice African Lion sert aussi à afficher cette coopération militaire et à renforcer les liens opérationnels entre armées partenaires. L’incident de Tan-Tan intervient donc dans un cadre diplomatique sensible, où la coopération sécuritaire est à la fois un outil de préparation militaire et un signal politique.
Pour le moment, aucune indication n’a été donnée sur l’identité des deux disparus ni sur leur état. Les autorités évitent toute spéculation et se concentrent sur les opérations de recherche. Les prochaines heures seront décisives pour savoir si la piste d’une chute dans l’océan se confirme, ou si d’autres éléments viennent éclairer la disparition.
En attendant, les déclarations officielles convergent sur l’essentiel : les recherches sont en cours, l’incident n’est pas présenté comme un acte terroriste, et les partenaires américains et marocains restent mobilisés autour d’un objectif unique, retrouver les deux militaires disparus.