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    La consommation d’aliments ultra-transformés augmente le risque de dépression chez les femmes

    Une récente étude met en lumière un lien significatif entre la consommation d’aliments ultra-transformés et l’augmentation du risque de dépression chez les femmes, tandis que les hommes semblent moins concernés après le début de l’âge adulte. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à des recommandations alimentaires spécifiques selon le sexe pour mieux prévenir les troubles mentaux.

    Étude internationale ALIMENTAL sur l'alimentation et la dépression

    Étude internationale ALIMENTAL : schéma alimentaire et dépression majeure chez 15 262 participants.

    Impact des habitudes alimentaires sur la santé mentale

    Depuis longtemps, les habitudes alimentaires sont reconnues comme un facteur influençant la santé mentale, mais peu d’études ont jusqu’à présent examiné précisément comment l’alimentation affecte la dépression selon l’âge et le sexe. Une publication récente dans la revue Nutrients s’est penchée sur cette problématique à travers une vaste enquête internationale, dans le but d’orienter des interventions ciblées pour les groupes les plus vulnérables.

    Les chercheurs ont confirmé qu’une alimentation déséquilibrée augmente le risque de dépression. À l’inverse, un régime méditerranéen riche en fruits, légumes, légumineuses et huile d’olive est associé à un risque nettement réduit par rapport à un régime occidental standard, riche en graisses, sucres et aliments ultra-transformés (AUT).

    Les femmes présentent un risque plus élevé que les hommes, probablement en partie à cause d’une tendance à manger en réponse au stress émotionnel, souvent avec des aliments riches en sucres ou en calories. Les jeunes adultes sont particulièrement enclins à consommer des boissons sucrées et des AUT.

    Enquête internationale ALIMENTAL : méthodologie et participants

    L’étude ALIMENTAL a été menée dans plusieurs pays, dont la France, le Canada et l’Australie, avec un questionnaire distribué en français, ce qui a pu limiter la participation des non-francophones. L’enquête a porté sur des adultes à partir de 18 ans, tous en bonne santé et sans traitement médicamenteux pour des troubles mentaux.

    Le questionnaire utilisé, basé sur le Programme National Nutrition Santé (PNNS), a évalué la consommation alimentaire selon les catégories de nutriments et groupes d’aliments, notamment les AUT selon la classification Nova. D’autres facteurs tels que les connaissances nutritionnelles, l’activité physique, le statut socioéconomique et le niveau d’éducation ont également été pris en compte.

    Résultats clés de l’étude

    Sur 15 262 participants, 86 % étaient des femmes, avec une moyenne d’âge de 33 ans. Parmi eux, 32 % souffraient de dépression, 10 % étaient obèses, et 18 % fumaient. La sédentarité concernait 14 %, tandis que 78 % déclaraient avoir de bonnes connaissances en nutrition.

    Une alimentation saine réduisait les risques de dépression de 16 % chez les femmes de 18 à 34 ans, et de 18 % chez celles de 35 à 54 ans. Cette association était plus faible et non significative après 55 ans. Chez les plus jeunes femmes, la consommation d’aliments à index glycémique élevé, de graisses transformées, de poisson, de produits laitiers et de jus de fruits était liée à une diminution de 8 % du risque dépressif.

    À l’inverse, la consommation de chips, biscuits salés, fritures, plats préparés et autres aliments ultra-transformés augmentait le risque de dépression de 21 % chez les adultes des deux sexes âgés de 18 à 34 ans.

    Chez les femmes de 35 à 54 ans, ce risque augmentait de 30 % avec la consommation d’AUT, et de 41 % chez celles de plus de 55 ans. De plus, la consommation accrue d’aliments en conserve ou surgelés et de boissons sucrées augmentait de 10 % les probabilités de dépression chez les femmes.

    Des associations inattendues ont aussi été observées : la prise de compléments en oméga-3, protéines, graines de chia ou flocons d’avoine était également liée à un risque accru de dépression. Ces résultats pourraient s’expliquer par une causalité inverse, où la dépression influencerait les choix alimentaires, ou par une substitution d’aliments sains par ces produits.

    Facteurs non alimentaires et limites de l’étude

    Les résultats ont montré que les personnes disposant de meilleures connaissances nutritionnelles, vivant en couple ou avec des enfants, ou ayant un niveau d’éducation élevé, étaient moins susceptibles d’être dépressives. En revanche, le tabagisme, l’obésité, le chômage ainsi que les phototypes 1 et 2, souvent associés à une moindre synthèse de vitamine D, accroissaient le risque.

    Les mécanismes sous-jacents pourraient inclure des différences hormonales et métaboliques entre femmes et hommes, ainsi qu’une influence distincte des AUT sur le microbiote intestinal selon le sexe. En outre, la perception des messages sanitaires varie également entre hommes et femmes.

    Néanmoins, la nature transversale de l’étude empêche d’établir un lien de cause à effet. Les données alimentaires autodéclarées peuvent être sujettes à un biais de mémoire et la surreprésentation des femmes (86 %) et des jeunes adultes (seulement 7 % de plus de 55 ans) limite la généralisation des résultats.

    Références scientifiques

    Achour, Y., Lucas, G., Iceta, S., et al. (2025). Dietary Patterns and Major Depression: Results from 15,262 Participants (International ALIMENTAL Study). Nutrients. DOI : 10.3390/nu17091583

    source:https://www.news-medical.net/news/20250505/Women-face-higher-depression-risk-from-unhealthy-food.aspx

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