La Cour suprême des États-Unis va examiner mardi un dossier qui oppose des États conservateurs à des athlètes transgenres et qui questionne l’accès des femmes transgenres aux compétitions féminines scolaires et universitaires. Le débat s’inscrit dans un contexte marqué par les positions de l’administration Trump sur les droits des personnes trans et par des controverses entourant le sport et les traitements médicaux. La décision des neuf juges est attendue d’ici le terme de la session annuelle de la Cour, fin juin, et pourrait redéfinir le cadre légal du sport scolaire américain.

Au cœur de la procédure: Idaho et Virginie‑Occidentale face à la Cour suprême
À l’origine, les lois adoptées par l’État d’Idaho et par la Virginie‑Occidentale interdisent aux femmes transgenres de participer à des compétitions féminines. Les textes, soutenus par l’administration Trump, affirment vouloir préserver l’équité et la sécurité sportives, mais des défenseurs de Lindsay Hecox estiment qu’ils franchissent une ligne constitutionnelle.
Dans le cas d’Idaho, Lindsay Hecox, étudiante transgenre à l’Université d’État de Boise, a contesté son exclusion des épreuves. Une cour d’appel fédérale a jugé que la loi violait l’égale protection garantie par le Quatorzième amendement.
En Virginie‑Occidentale, une autre affaire concerne une mineure transgenre; une cour d’appel fédérale a conclu une discrimination fondée sur le sexe, prohibée par la loi américaine.
« En moyenne, les hommes sont plus rapides, plus forts, plus grands, plus musclés et ont plus d’explosivité que les femmes », fait valoir l’Idaho dans ses arguments écrits. « Le sexe est ce qui compte sur le plan sportif », a déclaré l’État pour justifier ces classifications, selon les arguments déposés.
« Les femmes et les filles ont perdu des places dans les équipes de sport, cédé des places sur les podiums de championnats et subi des blessures » déplorent les représentants de la Virginie‑Occidentale.
« La discrimination gouvernementale contre les personnes transgenres ne fera que s’intensifier si cette cour statue que les lois discriminant les Américains transgenres sont présumées constitutionnelles », préviennent les avocats de Lindsay Hecox.
La décision des neuf juges est attendue d’ici le terme de la session annuelle de la Cour suprême, fin juin. Cette affaire survient alors que, en juin, la Cour a permis au Tennessee d’interdire l’accès des mineurs transgenres aux traitements de transition, estimant que la loi ne présentait pas de caractère discriminatoire.
Réactions et perspectives avant la décision
Du côté des partisans, l’État d’Idaho affirme que le sexe est le critère déterminant dans le sport et que les écarts physiques justifient ces classifications; son représentant, Alan Hurst, a évoqué les « innombrables avantages athlétiques » que les athlètes transgenres pourraient avoir. Hashim Mooppan, du ministère de la Justice de l’administration Trump, a ajouté que ces lois ne constituent pas une discrimination mais une mesure pour préserver l’équité et la sécurité.
Les sportives transgenres, représentées par Lindsay Hecox et leurs avocats, appellent quant à elles à déclarer ces lois illégales et discriminatoires. « La discrimination gouvernementale contre les personnes transgenres ne fera que s’intensifier si cette cour statue que les lois discriminant les Américains transgenres sont présumées constitutionnelles », prévient leur équipe juridique.
À l’approche de la décision, les observateurs se demandent quel impact judiciaire et politique aura ce dossier sur les règles sportives dans les écoles et universités américaines. Les précédents juridiques et les décisions sur des questions similaires, dont le cas du Tennessee sur les traitements de transition, pourraient influencer la démarche de la Cour.

