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    L’Europe inflige une sanction majeure à Israël dans le conflit en cours

    Israël, Union européenne, États-Unis, Palestine

    La presse israélienne internationale ne cesse de s’alarmer des risques d’isolement d’Israël face à la révélation de sa politique brutale dans la guerre qu’elle mène depuis plus de 19 mois. Ce phénomène ne concerne pas uniquement l’Europe, pourtant capitale, mais aussi la relative indulgence américaine face aux mouvements et menaces européens. Le bouclier protecteur américain pour Israël dans les instances internationales semble s’effriter en Europe et pourrait subir le même sort aux Nations Unies.

    Certains observateurs perçoivent l’activisme européen comme un mouvement réfléchi et coordonné en amont avec l’administration américaine, visant à dissuader Israël et à l’empêcher d’atteindre ses objectifs de guerre annoncés. L’élargissement récent des buts militaires de Netanyahu et l’adoption du plan Trump pour la déportation des Palestiniens sont vus comme des facteurs déclencheurs aggravant la crise.

    Les réactions européennes ne se limitent pas à des expressions politiques habituelles, mais prennent des formes puissantes telles que « tsunami » ou « ouragans ». Ce contexte inédit touche au cœur des relations entre Israël et l’Occident et remet en cause la légitimité de ses actions.

    Malgré la résistance de certains Israéliens de droite, qui persistent à accuser leurs détracteurs d’antisémitisme, une majorité reconnait le changement d’opinion en Europe. Plusieurs gouvernements, jusque-là fermement acquis à la cause israélienne, adoptent désormais des positions critiques.

    Après plus de 19 mois de conflit, les Pays-Bas, longtemps alliés inconditionnels d’Israël, posent désormais une limite ferme en condamnant l’agression persistante et en appelant à une révision des accords de partenariat avec Israël. Parallèlement, les dirigeants de la France, du Royaume-Uni et du Canada ont tous déclaré « assez ! » et envisagent d’imposer des sanctions si Israël ne met pas fin à son offensive.

    Ce qui inquiète particulièrement Israël, c’est l’insistance de ces dirigeants sur la tenue imminente d’une conférence de paix. Celle-ci est perçue comme la meilleure chance de mettre fin à la souffrance des familles des otages, d’alléger les conditions des civils à Gaza, d’abolir le pouvoir du Hamas et de relancer une voie vers la solution à deux États, considérée comme unique voie pour un avenir de paix et de sécurité durables dans la région.

    Par ailleurs, le Premier ministre espagnol a souligné la nécessité de lutter contre le génocide subi par les Palestiniens à Gaza, tandis que le président français a annoncé la reconnaissance prochaine de l’État palestinien lors de cette conférence internationale.

    Vingt-cinq pays occidentaux ont exprimé une vive inquiétude face à la situation des Palestiniens à Gaza. Concrètement, le Royaume-Uni a gelé les négociations du traité de libre-échange avec Israël et impose des sanctions aux dirigeants des colons. La Suède, quant à elle, projette de sanctionner certains ministres israéliens, notamment ceux prônant la famine et la déportation.

    Face à la situation, et à l’initiative du ministre néerlandais des Affaires étrangères, une réunion des ministres européens des Affaires étrangères a débattu de la possibilité d’annuler l’accord de partenariat. Dix-sept des vingt-sept pays de l’Union européenne ont voté en faveur d’une révision de l’accord, soulignant qu’une abolition totale nécessite l’unanimité, alors que certaines parties peuvent être supprimées à la majorité.

    Les Israéliens comprennent que le changement d’attitude des gouvernements européens est largement motivé par les déclarations extrêmes des dirigeants israéliens concernant la « extermination, la déportation et la famine », ainsi que par la violence ciblée qui frappe les civils. Ces propos et actes ont levé les derniers freins aux initiatives visant à restreindre Israël au sein de l’Union européenne.

    En outre, la pression populaire soutenue depuis plus d’un an et demi pour agir en faveur des Palestiniens a fait vaciller les derniers soutiens européens au gouvernement Netanyahu.

    L’Allemagne, historiquement un allié proche d’Israël, tente aujourd’hui de peser pour une position commune à Bruxelles favorable à l’ouverture des passages, à la cessation claire de la guerre et à la condamnation de l’opération militaire. Le ministre allemand des Affaires étrangères a ainsi exprimé une « grande inquiétude » face à l’opération terrestre, tandis que son homologue italien a lancé un appel sévère déclarant que « le gouvernement israélien doit entendre que le ras-le-bol est là ». Il a aussi précisé que son pays, auparavant grand soutien d’Israël, considère qu’il est temps d’arrêter cette politique.

    Selon des sondages cités par le journal israélien Globes, 42 % des Allemands estiment qu’Israël traite les Palestiniens comme les nazis l’avaient fait envers les Juifs (sondage de la Fondation Bertelsmann). Parmi les Espagnols, 50 % demandent à Madrid d’intensifier ses efforts pour freiner Israël. En Suède, 56 % ont une image négative d’Israël, tandis qu’en Italie, 60 % jugent l’attaque israélienne sur Gaza injustifiée (données tirées des sondages YouGov). Les gouvernements, toutefois, réussissent jusqu’à présent à isoler politiquement Israël malgré une opinion publique souvent critique.

    Israël, un État de plus en plus isolé

    Les Israéliens ne considèrent pas que ces critiques européennes, cette rhétorique forte et ces menaces de sanctions soient uniquement le reflet de l’opinion publique locale. Ils y voient aussi un soutien implicite de Washington.

    Les Européens estiment que l’administration américaine actuelle critique elle aussi les politiques israéliennes et tentent de mettre à profit leur influence. Malgré les réactions virulentes de Netanyahu et de son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, ces derniers prennent très au sérieux ces positions européennes, d’autant plus que leurs relations avec Washington sont parfois tendues.

    Les répercussions économiques de la position européenne sont lourdes pour Israël, car l’Europe reste son premier partenaire commercial avec un volume d’échanges de 50 milliards d’euros.

    Selon la docteure Maya Sion Tsadikayo du Metavim Institute à l’Université hébraïque, « la balle est partie du canon » et « on ne sait pas où elle va atteindre ». Cette situation dégrade la position d’Israël et pourrait le mener au statut d’État « paria », perdant nombre d’alliés en Europe. L’accélération de cette dynamique dans les dernières semaines pourrait engendrer un véritable tsunami politique.

    Les accords commerciaux contiennent toujours une clause liée au respect des droits humains. La majorité des acteurs européens considèrent qu’Israël viole cette condition, justifiant son classement immédiat en « État rebelle ».

    Une question se pose désormais dans les entreprises européennes : faut-il investir en Israël ou collaborer avec des sociétés israéliennes alors que les relations pourraient se dégrader totalement ?

    Réexamen des accords de partenariat

    Kaja Kallas, ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne, a indiqué que face à la poursuite et l’aggravation du conflit à Gaza, ainsi qu’à la détérioration de la situation humanitaire, l’Union envisagera la possibilité d’annuler les accords de partenariat conclus en 1995, qui régissent les relations bilatérales.

    Selon la presse israélienne, ce réexamen menace non seulement le principal accord commercial, d’une valeur annuelle de 50 milliards d’euros, mais aussi tous les autres accords entre Israël et les pays européens.

    Parmi les accords majeurs figure le programme « Horizon », une coopération phare dans les domaines scientifique, technologique et de la recherche, qui bénéficie d’un financement important de l’Union européenne. La majorité des pays membres soutient déjà la révision.

    Les présidents d’universités israéliennes ont exprimé leur vive inquiétude face à cette éventualité, mettant en garde contre une atteinte grave à la position d’Israël comme puissance scientifique. Ils préviennent que cela pourrait entraîner l’exclusion des chercheurs israéliens des réseaux internationaux et la suspension d’investissements de 1,5 milliard d’euros, avec un impact majeur sur l’innovation et la recherche.

    Les accords couvrent aussi la libre circulation aérienne, les échanges étudiants notamment via Erasmus. Même sans annulation totale, la qualification d’Israël en « État rebelle » dans le cadre de ces accords créera une rupture profonde.

    Un tsunami politique inquiétant

    Le plus grand sujet d’inquiétude pour Israël reste le silence américain face aux positions européennes, la laissant isolée dans cette confrontation. Aucun communiqué de condamnation n’a suivi les menaces de sanctions annoncées par la Grande-Bretagne, la France ou le Canada.

    Certains évoquent que la célèbre expression sur « Trump jetant Israël sous le bus » prend aujourd’hui une forme concrète dans le contexte international.

    Le doute grandit sur la réaction des États-Unis si la demande de fin de la guerre est portée devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Il est incertain que Washington utilise son droit de veto, surtout avec des rumeurs récurrentes sur l’impatience et la frustration de Trump envers le gouvernement Netanyahu, ainsi que ses menaces de désengagement, souvent niées par la suite.

    Un haut responsable du ministère des Affaires étrangères israélien confie à Yedioth Ahronoth : « Nous faisons face à un véritable tsunami qui ne fera qu’empirer. C’est la pire situation que nous ayons connue. C’est bien plus qu’une catastrophe, le monde ne nous soutient plus. »

    Il ajoute : « Depuis novembre 2023, le monde n’a vu que des images d’enfants palestiniens morts et de maisons détruites à la télévision. La patience est à bout. Israël n’offre aucune solution, ni plan pour l’après, ni espoir. Que la mort et la destruction. Le boycott silencieux a commencé et s’intensifiera. Il ne faut pas sous-estimer ce phénomène. Personne ne voudra associer son nom à Israël. »

    Malgré ces constats, certains en Israël parient sur l’incapacité européenne à imposer ses vues ou à boycotter Israël totalement. Ils s’attendent à des mesures symboliques telles que consultations diplomatiques ou sanctions ciblées contre des colons extrémistes, ainsi qu’à des menaces de suspension des accords commerciaux, lesquelles pourraient être freinées avec l’appui d’alliés au sein de l’Union, notamment la Hongrie et la République tchèque.

    Toutefois, la montée des menaces de sanctions et la reconnaissance de l’État palestinien risquent d’exacerber considérablement les tensions. Cela favorisera une extension du « boycott silencieux » envers Israël, se traduisant par :

    • la réduction des relations économiques avec le secteur privé ;
    • la suspension des coopérations scientifiques, académiques et technologiques ;
    • l’abandon de projets culturels, touristiques, de recherche, de développement et sportifs.
    source:https://www.aljazeera.net/opinions/2025/5/26/%d8%a7%d9%84%d8%b1%d8%b5%d8%a7%d8%b5%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d9%82%d8%a7%d8%aa%d9%84%d8%a9-%d8%a7%d9%86%d8%b7%d9%84%d9%82%d8%aa-%d8%aa%d8%ac%d8%a7%d9%87-%d8%a5%d8%b3%d8%b1%d8%a7%d8%a6%d9%8a%d9%84

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