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    L’UE prévoit une nouvelle aide militaire pour l’Ukraine

    France

    Alors que les pourparlers de paix entre les États-Unis et la Russie entrent dans une nouvelle phase avec des contacts directs entre les présidents Trump et Poutine, l’Europe cherche à se rendre indispensable par le biais d’un soutien militaire accru et de la planification d’une force de paix pour l’Ukraine.

    Perspectives variées sur les négociations

    Les attentes concernant les négociations de paix sont divergentes. Donald Trump a exprimé sa conviction qu’il pourrait parvenir à un accord avec Vladimir Poutine, évoquant à plusieurs reprises la possibilité de diviser le territoire ukrainien et ses ressources, y compris une centrale énergétique. La chef de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, a exprimé une position européenne claire après une réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles : « La Russie n’est pas digne de confiance. »

    Kallas estime que les conditions posées par la Russie montrent qu’elle ne recherche pas réellement la paix, car elles reflètent les objectifs militaires que Moscou souhaite atteindre.

    Les exigences russes

    La Russie a déclaré qu’elle souhaite conserver les territoires conquis en Ukraine, qui représentent environ 20 % du pays. Elle exige également que l’Ukraine ne devienne jamais membre de l’OTAN et que des forces de maintien de la paix de l’OTAN ne soient pas stationnées en Ukraine. De plus, Moscou réclame la levée des sanctions occidentales.

    Soutien militaire de l’UE

    Alors que Trump et Poutine envisagent de redessiner les frontières de l’Ukraine, Bruxelles débat depuis plusieurs semaines d’un projet proposé par Kallas, visant à fournir des dizaines de milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine cette année. Trump a déjà menacé de suspendre le soutien américain, mettant ainsi Kyiv sous pression.

    Le soutien de l’UE et de ses États membres devrait s’élever à au moins 20 milliards d’euros cette année, avec la possibilité d’atteindre 40 milliards d’euros. Depuis le début de l’invasion russe, l’UE a soutenu l’Ukraine à hauteur de 140 milliards d’euros, dont environ 50 milliards d’euros étaient destinés à l’aide militaire. L’année dernière, l’UE et ses États membres ont fourni environ 20 milliards d’euros en armement et en munitions.

    Inégalités entre pays membres

    Kallas souhaite que la contribution des pays soit proportionnelle à la taille de leur économie. Cela pose problème, car plusieurs grandes nations du sud de l’UE apportent un soutien relativement moindre que les petits pays du nord. L’Allemagne, en tant que plus grande économie, contribue le plus, tandis que la France, l’Espagne, l’Italie et le Portugal sont bien en dessous de leurs « quotas ». Les Pays-Bas, l’un des plus généreux alliés de l’Ukraine, soutiennent le plan. Cependant, l’avarice des pays du sud est une source de frustration pour le nord.

    Kallas a déclaré qu’il y avait une « large soutien politique » pour le plan, mais cela reste à démontrer. La participation au plan est volontaire. La Hongrie et la Slovaquie, traditionnellement pro-Poutine, ont déjà annoncé qu’elles ne participeraient pas. De plus, quatre pays expriment des réserves sur les modalités de distribution.

    Une confrontation latente entre le nord et le sud

    Il se pourrait qu’une confrontation ouverte entre le nord et le sud soit inévitable. Les pays du nord tenteront probablement de convaincre un ou deux pays du sud de faire plus pour l’Ukraine, mettant ainsi les autres États devant un choix : se ranger du côté de la majorité ou de la Hongrie, un ami de Poutine.

    Une partie des fonds européens sera destinée à l’acquisition de 2 millions d’obus d’artillerie. Les pays participants sont également encouragés à acheter des fournitures militaires pour l’Ukraine auprès de fabricants ukrainiens dans la mesure du possible.

    Contournement de Budapest

    Le « plan Kallas » est le deuxième projet de l’UE en peu de temps à contourner Budapest. Il y a deux semaines, 26 dirigeants ont adopté une déclaration de soutien à l’Ukraine lors d’un sommet spécial de l’UE, sans faire beaucoup d’efforts pour dialoguer avec la Hongrie. Cependant, la législation européenne sur les sanctions exige l’unanimité.

    La semaine dernière, l’UE est parvenue à un accord sur un nouveau paquet de sanctions contre la Russie, après avoir fait des concessions à Budapest, qui n’a accepté de nouvelles sanctions qu’après la suppression de certains noms sur la liste des sanctions.

    Une coalition pour l’Ukraine

    Les discussions se poursuivent parmi les politiciens et les militaires concernant la composition d’une force de dissuasion pour l’Ukraine. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, joue un rôle clé. Ce week-end, il a organisé une réunion virtuelle avec des dirigeants susceptibles de contribuer à cette force. Plusieurs pays européens, ainsi que le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et, potentiellement, le Japon, ont exprimé leur soutien.

    La « coalition des volontaires » compte maintenant environ 30 pays prêts à apporter des contributions variées à cette force. Un petit groupe, comprenant au moins le Royaume-Uni et la France, est prêt à envoyer des troupes pour une telle opération. Les Pays-Bas participent depuis le début aux discussions, mais n’ont pas encore pris d’engagement ferme.

    Pression sur la Russie

    « Nous avons convenu de maintenir la pression sur la Russie, de veiller à ce que le soutien militaire à l’Ukraine demeure et de renforcer les restrictions sur l’économie russe pour affaiblir la machine de guerre de Poutine et le forcer à négocier », a déclaré Starmer. Il a annoncé que la planification d’une force de dissuasion entrait dans sa « phase opérationnelle ». Jeudi, des militaires se réuniront au Royaume-Uni pour discuter des garanties de sécurité pour l’Ukraine.

    Les pays européens souhaitent que les États-Unis garantissent cette opération, mais Trump n’a pas encore donné cette assurance. Une « sauvegarde » américaine est jugée nécessaire pour dissuader Poutine de violer un éventuel accord, comme il l’a fait par le passé.

    Aide Militaire Ukraine | Ukraine | Aide Militaire | Ue | Russie | Kallas | France
    source:https://www.nrc.nl/nieuws/2025/03/17/eu-spreekt-over-meer-steun-voor-oekraine-maar-wie-gaat-dat-betalen-a4886638

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