Le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé ce mardi que le pouvoir iranien vivait ses « derniers jours et dernières semaines », au moment où les autorités iraniennes sont accusées de réprimer dans le sang de vastes manifestations. « Lorsqu’un régime ne peut se maintenir au pouvoir que par la violence, il est de facto à bout de souffle. Je pars du principe que nous voyons là les derniers jours et semaines de ce régime », a déclaré Merz, au cours d’un déplacement à Bangalore, dans le sud de l’Inde, selon des propos retransmis par la télévision allemande. Cette analyse intervient alors que les Européens tentent de coordonner leur réponse face à une crise qui s’épaissit et que les autorités iraniennes multiplient les mesures répressives.
Réactions en Europe et sur le terrain
Du côté des gouvernements européens, la Finlande et l’Espagne ont rappelé leurs ambassadeurs et dénoncé la répression des manifestations en Iran. Mardi, la Finlande a affirmé se tenir « aux côtés du peuple iranien » et annoncé la convocation de l’ambassadeur iranien à Helsinki. « Le régime iranien a coupé Internet pour pouvoir tuer et opprimer en silence », a écrit sur X la ministre finlandaise des Affaires étrangères, Elina Valtonen. « Cela ne sera pas toléré. Nous sommes aux côtés du peuple iranien – femmes et hommes confondus », a-t-elle poursuivi. L’Espagne a également convoqué l’ambassadeur iranien à Madrid afin de lui exprimer son « ferme rejet et condamnation » de la répression des manifestations. « Le droit des hommes et des femmes iraniens à manifester pacifiquement, leur liberté d’expression, doit être respecté » et les « arrestations arbitraires doivent cesser », a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Jose Manuel Albares à la radio Catalunya.
Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), la répression du mouvement qui a débuté le 28 décembre sur fond de crise économique s’intensifie. L’organisation dit avoir confirmation de la mort de 648 manifestants et d’environ 10 000 arrestations. Mais la réalité pourrait être bien plus noire, craignant l’ONG des rapports pour l’heure non confirmés allant jusqu’à 6 000 morts. Les autorités ont imposé une coupure totale des communications Internet depuis le 8 janvier, compliquant la collecte d’informations.

Aux États-Unis, Donald Trump a annoncé que tout pays commerçant avec l’Iran serait frappé de droits de douane de 25 % et que la Chine restait le principal partenaire commercial de Téhéran. « Cette décision est définitive » et « prend effet immédiatement », a affirmé le président sur Truth Social. La diplomatie demeure toutefois présentée comme la première option par la Maison Blanche, selon Karoline Leavitt.
Chiffres et contexte du mouvement
Le mouvement a éclaté fin décembre et a rassemblé des milliers de personnes dans plusieurs villes, défendant le droit des Iraniennes et des Iraniens à manifester et à s’exprimer. Le chancelier Merz s’est inquiété de la propension toujours plus grande à la violence de la police et des prétendus Gardiens de la révolution en Iran contre leur propre population, lançant un appel au régime des mollahs pour qu’il cesse immédiatement ces violences, et rappelant que l’Allemagne est en étroite concertation avec le gouvernement américain et les gouvernements européens afin de favoriser une transition pacifique vers un gouvernement démocratiquement légitimé.

Les autorités iraniennes ont renforcé les contrôles et interrompu l’accès à Internet, affirmant maintenir l’ordre public et justifiant l’action par la nécessité de protéger la sécurité et l’ordre dans le pays.
