Des protestations ont éclaté ce week-end à Minneapolis après la mort d’Alex Pretti, infirmier de 37 ans tué lors d’une intervention des agents fédéraux de l’immigration (ICE). Malgré le froid, des centaines de manifestants se sont rassemblés pour dénoncer la violence policière et la manière dont l’ICE conduit les opérations antimigrants. Le décès intervient dans un contexte tendu, où les élus démocrates menacent de bloquer le financement du gouvernement fédéral si des textes prévoyant le financement du DHS étaient adoptés tel quels. Selon les autorités, l’enquête est toujours en cours et des vidéos circulent sur les réseaux sociaux, suscitant des questions sur les pratiques des forces de l’ordre.
Minneapolis, nouvelle vague de protestations après la mort d’Alex Pretti
La mort d’Alex Pretti, décrit comme un Américain de 37 ans, est la seconde perte liée à une intervention des agents fédéraux à Minneapolis en janvier. Des rassemblements ont eu lieu dans le parc où les autorités ont tenté d’apaiser les esprits, et d’autres manifestations se sont tenues à New York et à Los Angeles, selon les habitants et les médias locaux. Des responsables locaux ont réaffirmé leur volonté de mener l’enquête sous l’autorité locale et non fédérale, tout en appelant au calme.

Réactions officielles et enjeux budgétaires
Sur le plan politique, les démocrates ont exprimé leur indignation et averti qu’ils bloqueraient le financement de l’État fédéral si le texte prévoyant le financement du ministère de la Sécurité intérieure était conservé tel quel. « Les démocrates du Sénat n’apporteront pas leur vote pour ces textes si le financement du DHS est inclus », a averti Chuck Schumer dans un communiqué. Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a lui aussi critiqué les actions fédérales et a appelé à ce que les autorités locales prennent la tête de l’enquête, affirmant: « On ne peut pas se fier à l’État fédéral », tout en dénonçant ce qu’il décrit comme « le chaos et la violence » propagés selon lui par l’ICE.
Des échanges brusques et des réactions publiques se multiplient, y compris sur les réseaux sociaux, où certains acteurs politiques ont qualifié les actions des forces de l’ordre. Stephen Miller, conseiller du président, a qualifié Alex Pretti d’« assassin » dans un message relayé par le vice-président JD Vance, selon des sources publiques. Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure, a déclaré: « Il était là pour se livrer à la violence ». Ces interventions s’insèrent dans un débat plus large sur les pouvoirs fédéraux et les mécanismes de financement liés à la sécurité intérieure.
Contexte et éléments de preuve
Un court vidéo circulant sur les réseaux sociaux et authentifié par les autorités montre des agents avec des gilets marqués « Police » luttant pour maîtriser une personne au sol et tirant peu après, tandis que les enquêteurs s’efforcent de sécuriser la scène. Selon le DHS, l’homme était armé et a « violemment résisté » avant que l’agent ne fasse feu; le DHS a publié une photo de l’arme présumée sur X. Cependant, l’analyse d’images réalisée par le média d’investigation Bellingcat conteste certains détails, affirmant que « quelques instants avant que le premier coup ne soit tiré », un agent s’éloigne avec un pistolet similaire, et que « la plupart » des tirs surviennent lorsque l’homme est déjà immobile au sol.
Le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara, a déclaré lors d’une conférence de presse que l’homme, domicilié à Minneapolis et détenteur d’un permis légal de port d’arme, n’était pas connu des services de police; il a qualifié la situation d’« extrêmement imprévisible » après les tirs et a souligné la difficulté pour les autorités locales de sécuriser les lieux pour l’enquête. Le débat public s’est intensifié, avec des voix critiques envers les politiques migratoires et les actions des forces de l’ordre, dans un contexte de tensions entre gouvernement fédéral et autorités locales.
