L’Iran a transmis, via le Pakistan, sa réponse à une proposition américaine visant à mettre fin à la guerre, a indiqué l’agence de presse officielle IRNA. D’après ce schéma évoqué dimanche, la première phase des discussions porterait sur l’arrêt des hostilités, ainsi que sur la « sécurité maritime » dans le golfe Persique et le détroit d’Ormuz.
Selon une source diplomatique pakistanaise citée par Al Jazeera Arabic, le message iranien a bien été remis à la partie américaine par Islamabad. Cette démarche intervient alors que Washington avait adressé à Téhéran, plus tôt cette semaine, une proposition en 14 points décrivant les conditions d’un éventuel accord.
Parmi ces exigences figurent l’engagement de l’Iran à ne pas développer d’arme nucléaire et à suspendre tout enrichissement d’uranium pendant au moins 12 ans. Les États-Unis demanderaient également que Téhéran remette un stock estimé à 440 kilos d’uranium enrichi à 60 %, un niveau très élevé au regard des standards habituels.
En contrepartie, Washington promettrait un allègement progressif des sanctions, la libération de plusieurs milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés, ainsi que l’arrêt du blocus naval imposé aux ports iraniens.
Cette évolution intervient à quelques jours de la visite annoncée du président américain Donald Trump en Chine, un pays qui figure parmi les plus gros importateurs de pétrole iranien et qui dispose d’intérêts stratégiques dans la région.
Des tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz
Malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, les échanges de tirs entre les États-Unis et l’Iran se poursuivent dans le détroit d’Ormuz. Aucune des deux parties n’a toutefois annoncé l’effondrement de la trêve. Dans le même temps, l’administration américaine maintient sa pression navale sur les ports iraniens depuis le 13 avril à 14h00 GMT.
Donald Trump estime que l’Iran est en train de « s’effondrer financièrement » et perdrait des millions de dollars par jour à cause de ce blocus. Des analystes jugent néanmoins que le pays conserve les capacités économiques et politiques nécessaires pour tenir dans la durée.
Le président du Parlement iranien et négociateur en chef dans les discussions sur le cessez-le-feu, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé jeudi qu’une trêve totale ne serait possible qu’à condition que le blocus naval américain soit levé.
En réaction aux mesures américaines, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz à toute navigation étrangère et saisi plusieurs navires battant pavillon étranger. Auparavant, certains bâtiments considérés comme « amis » par Téhéran étaient encore autorisés à passer.
Une médiation sous pression
Depuis Islamabad, le journaliste de la chaîne Al Jazeera Kamal Hyder a indiqué que le Pakistan avait confirmé avoir reçu la réponse iranienne et cherchait désormais à rapprocher les positions, en encourageant Téhéran à accepter un compromis. Le contenu précis de la réponse iranienne n’a pas été rendu public, signe d’une diplomatie particulièrement sensible.
Selon lui, plusieurs acteurs régionaux suivent de près la médiation, notamment le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et la Chine, qui seraient en contact régulier avec les autorités iraniennes et leur ministre des Affaires étrangères.
La pression économique joue aussi un rôle central. Hyder a souligné que l’extension du blocage dans le détroit d’Ormuz pèse lourdement sur l’économie mondiale, mais aussi sur le Pakistan, confronté à une flambée des prix du carburant.
« Les enjeux sont très élevés », a-t-il résumé, estimant qu’un éventuel compromis pourrait être facilité par la bonne relation qu’entretient le Pakistan avec l’Iran, tout en bénéficiant d’une position jugée favorable auprès de l’administration Trump. Les prochains jours seront donc décisifs, selon lui, et dépendront de la réponse américaine à la position transmise par Téhéran.
Un accord encore lointain
De son côté, Abbas Aslani, chercheur principal au Centre d’études stratégiques du Moyen-Orient, estime que la réponse iranienne ne constitue pas un simple « oui » ou « non », mais plutôt une clarification des positions de Téhéran face au texte américain.
Il juge qu’un accord de paix initial pourrait créer un climat plus favorable et servir de mesure de confiance. En revanche, si Washington maintient ses exigences, notamment l’exportation par l’Iran de son uranium hautement enrichi vers les États-Unis ou une suspension prolongée de l’enrichissement, toute entente pourrait devenir impossible.
