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    Réembauche de centaines d’employés fédéraux après réductions sous Trump

    États-Unis

    Des centaines d’employés fédéraux aux États-Unis, licenciés lors d’une vaste réduction des coûts sous la direction d’Elon Musk, se voient proposer de réintégrer leurs postes. La General Services Administration (GSA) a envoyé un mémo interne, obtenu par l’Associated Press, demandant à ces agents chargés de la gestion des bureaux gouvernementaux d’accepter ou de refuser leur réembauche avant la fin de la semaine.

    Ceux qui accepteront doivent se présenter au travail le 6 octobre, après l’équivalent d’environ sept mois de congé payé. Pendant cette période, la GSA a parfois supporté des coûts élevés — répercutés sur les contribuables — pour maintenir des dizaines de bâtiments dont les baux avaient été prévus pour être résiliés ou laissés expirer.

    Rappel et contexte

    La GSA, créée dans les années 1940 pour centraliser l’acquisition et la gestion des lieux de travail fédéraux, était depuis mars au centre d’une vaste opération de réduction des effectifs et des baux. Des milliers d’employés ont quitté l’agence via des programmes d’incitation à la démission ou à la retraite anticipée.

    Parmi les mesures, des centaines de collaborateurs ont été licenciés dans le cadre d’une campagne agressive visant à réduire la taille du personnel fédéral. Malgré leur absence physique, certains de ces employés ont continué à percevoir un salaire.

    Selon Chad Becker, ancien responsable immobilier à la GSA, la situation a laissé l’agence « brisée et en sous-effectif ». Il explique que la GSA a dû fonctionner en mode « triage » pendant plusieurs mois, faute de personnel pour assurer les fonctions basiques.

    Mesures prises et conséquences opérationnelles

    La réembauche intervient après une série de décisions menées par le Department of Government Efficiency (DOGE), créé sous la précédente direction liée à Musk, qui cherchait à réduire la fraude, le gaspillage et les abus. DOGE avait ciblé la GSA comme une priorité majeure.

    Parmi les actions controversées :

    • l’envoi de plus de 800 avis d’annulation de bail à des propriétaires, parfois sans informer les locataires gouvernementaux ;
    • la publication d’une liste de centaines de bâtiments fédéraux envisagés pour la vente ;
    • la volonté de résilier près de la moitié des quelque 7 500 baux du portefeuille fédéral.

    Ces choix ont provoqué des coûts imprévus — notamment pour maintenir des locaux dont la résiliation était programmée — et ont fragilisé la capacité de l’agence à assurer ses missions.

    Réactions politiques et administratives

    Des élus démocrates ont vivement critiqué l’approche radicale adoptée pour réduire les dépenses et les emplois. Le représentant Greg Stanton (Arizona), principal démocrate du sous-comité chargé de superviser la GSA, a affirmé qu’il n’existe « aucune preuve que ces réductions aient permis des économies ». Il a ajouté : « Cela a créé une confusion coûteuse tout en sapant les services mêmes dont dépendent les contribuables. »

    De son côté, un porte-parole de la GSA a indiqué par courriel que « l’équipe de direction du GSA a réexaminé les mesures relatives au personnel et procède à des ajustements dans l’intérêt des agences clientes que nous servons et des contribuables américains ». L’agence n’a cependant pas répondu aux questions détaillées sur l’avis de retour au travail, son effectif, ses décisions de personnel ou les dépassements de coûts liés à l’inversion de certaines décisions de résiliation de baux.

    Effet en chaîne dans d’autres agences

    La demande de retour à la GSA reflète des efforts similaires dans plusieurs autres organismes ciblés par DOGE. Ces dernières semaines :

    • l’Internal Revenue Service (IRS) a autorisé certains employés ayant accepté une offre de démission à rester en poste ;
    • le Département du Travail a rappelé des agents ayant bénéficié d’indemnités de départ ;
    • le National Park Service a réintégré plusieurs employés précédemment écartés.

    Ces revirements montrent que la réembauche d’employés fédéraux aux États-Unis n’est pas un phénomène isolé, mais s’inscrit dans une série d’ajustements administratifs plus larges.

    Enquête et perspectives

    Le Government Accountability Office (GAO), organisme de contrôle indépendant du Congrès, examine la gestion par la GSA de ses effectifs, les annulations de baux et les projets de cession d’immeubles. David Marroni, haut responsable du GAO, a indiqué que des conclusions étaient attendues dans les mois à venir.

    À court terme, les intéressés ont jusqu’à la fin de la semaine pour accepter ou refuser l’offre de réembauche et, en cas d’accord, reprendre le travail le 6 octobre. À plus long terme, les enquêtes et les ajustements pourront éclairer le bilan financier et opérationnel de ces mesures de réduction des coûts.

    source:https://www.aljazeera.com/economy/2025/9/24/trump-administration-rehires-laid-off-employees-after-cost-cutting-blitz

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