Plusieurs pays examinent des restrictions sur l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. En France, des députés ont avancé vers une interdiction pour les moins de 15 ans lors de la nuit de vote. À l’échelle internationale, l’Australie impose 16 ans minimum, et l’Union européenne et d’autres pays discutent de cadres similaires. Le récit met en lumière des approches variées et des débats autour de l’âge, du contrôle et des sanctions.

En Australie et dans l’UE, des cadres contrastés pour les mineurs
L’Australie a mis en vigueur fin 2025 une exigence d’au moins 16 ans et oblige les plateformes à supprimer les comptes d’utilisateurs trop jeunes, sous peine d’amendes pouvant atteindre 28 millions d’euros. Meta a annoncé avoir supprimé 544 000 comptes d’utilisateurs de moins de 16 ans, dont 331 000 sur Instagram et 173 000 sur Facebook. Le Parlement européen a adopté en novembre un rapport non contraignant qui interdit l’accès libre aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans dans l’Union européenne; plusieurs pays proposent des initiatives nationales, comme le Danemark avec un projet de loi visant l’interdiction pour les moins de 15 ans, l’Espagne examinant une mesure similaire. En Grande-Bretagne, la pression monte autour d’un amendement visant à interdire l’accès pour les moins de 16 ans, que le gouvernement refuse et qui doit être examiné à la Chambre des communes, où la majorité est fragilisée par des dissensions internes et par des lettres de députés travaillistes appelant à des restrictions plus strictes. En Corée du Sud, dès mars 2026, il sera interdit d’utiliser des téléphones portables dans les salles de classe; la loi dite « Cendrillon » de 2011, qui bloquait les jeux en ligne pour les mineurs de minuit à 6 heures, a été abrogée dix ans plus tard, remplacée par un système de restrictions qui n’a été utilisé que par 0,01 % des utilisateurs. En Chine, l’accès des mineurs est fortement contrôlé depuis 2021, avec identification et limites : les moins de 14 ans ne peuvent passer plus de 40 minutes par jour sur Douyin; l’accès requiert un numéro de téléphone lié à un document d’identité et une photo d’identité peut être demandée en cas de doute.

En France: vote et perspective européenne
En France, les députés ont adopté dans la nuit du 26 au 27 janvier un article d’une proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux avant l’âge de 15 ans. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique européenne où le Parlement européen a adopté en novembre un cadre non contraignant et où des pays comme le Danemark et l’Espagne envisagent des mesures similaires. Le gouvernement britannique fait face à des pressions sur l’interdiction pour les moins de 16 ans, et des débats existent quant à l’impact sur les droits des mineurs et sur l’éducation numérique. Dans le cadre international, des modèles stricts existent en Chine et en Corée du Sud, rappelant l’importance du contrôle d’identité et des limites de temps pour les jeunes, avec la référence à la loi dite « Cendrillon » et les mécanismes de restriction adaptés.
