Le tribunal correctionnel de Lons-le-Saunier a rendu mardi 20 janvier la relaxe de Jean-Louis Millet, maire de Saint-Claude, dans une affaire de harcèlement moral impliquant Christine Sophoclis, cheffe du pôle gériatrie de l’hôpital local. Le délibéré met fin à une procédure entamée en 2019 et intervient dans un contexte de tensions autour de la fermeture de services vitaux à l’hôpital de Saint-Claude. Le parquet avait requis huit mois d’emprisonnement avec sursis et deux ans d’inéligibilité. Jean-Louis Millet n’est pas candidat à sa succession en mars 2026.

Saint-Claude: relaxation du maire Jean-Louis Millet au terme d’un procès pour harcèlement
Le verdict est tombé après que le parquet avait requis une peine de prison avec sursis et une inéligibilité de deux ans; le tribunal a finalement opté pour la relaxe. Cette affaire avait mobilisé l’attention publique à l’approche des municipales de 2026 et s’inscrivait dans des tensions liées à la fermeture des services vitaux de l’hôpital. Christine Sophoclis dénonçait des faits de harcèlement moral et de menaces de mort entre avril 2019 et décembre 2020, étayés par de nombreux témoignages. Des tensions entre Jean-Louis Millet et la médecin étaient apparues dès 2017, autour de positions politiques et de la gestion hospitalière.
« C’est la fin d’un calvaire, d’un chemin de souffrance. C’était insupportable pour lui, psychologiquement. C’est extrêmement rassurant quant à la vitalité de notre démocratie. Ça veut dire qu’on peut encore être élu local, se battre pour son territoire sans se retrouver devant un tribunal, même si on adopte des positions très tranchées », a déclaré Me Benjamin Marraud des Grottes, avocat du maire, après avoir pris connaissance du délibéré.
Me Marraud des Grottes a ajouté que cette relaxe rappelle qu’il est possible pour les élus locaux d’exprimer leurs positions sans être systématiquement poursuivis, ce qui est jugé important pour la vie démocratique locale.
Réactions et contexte
« Ça fait 6 ans et demi que ça dure, 6 ans et demi qu’on me pourrit la vie parce que je défends la restauration des services hospitaliers majeurs qui nous manquent aujourd’hui. C’est-à-dire je défends non seulement la santé, mais la vie des 50 000 habitants du bassin de Saint-Claude », a déclaré Jean-Louis Millet lors d’un échange télévisé le 18 novembre dernier.
Me Marjorie Weiermann, avocate de Christine Sophoclis, a réagi à la relaxe en la qualifiant de déception mais pas d’étonnement, indiquant que le parquet n’avait pas soutenu l’accusation jusqu’à l’audience mais avait requis une peine lors du délibéré. « Cette relaxe est une déception mais pas vraiment une surprise. Le parquet ne soutenait pas l’accusation jusqu’à l’audience, mais lors de celle-ci, il avait requis une peine », a-t-elle ajouté. « C’est une bonne chose toutefois pour ma cliente d’être allé au bout de la démarche. J’espère que Monsieur Millet aura compris qu’on ne peut pas se comporter ainsi ».
Jean-Louis Millet n’est pas candidat à sa succession en mars 2026, confirmant son retrait de la vie politique locale pour les élections à venir et prolongeant le débat sur la liberté d’expression des élus et les enjeux hospitaliers du territoire.
