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    Trump annonce zéro tarif sur les importations indiennes: enjeux clés

    Inde, États-Unis

    Trump annonce zéro tarif sur les importations indiennes : enjeux clés

    Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi que l’Inde avait proposé un accord commercial prévoyant presque « aucun tarif » sur les produits américains, alors que la nation sud-asiatique cherche à éviter une hausse des coûts d’importation et d’exportation.

    Cette affirmation de Trump a été contestée par New Delhi. Cependant, l’Inde cherche à conclure un accord commercial avec les États-Unis dans le cadre de la pause de 90 jours annoncée par Trump le 9 avril, concernant les tarifs dits « réciproques » appliqués aux principaux partenaires commerciaux. Le 8 mai, la Maison Blanche a conclu un accord commercial avec le Royaume-Uni, deux jours après qu’une entente similaire ait été signée entre l’Inde et ce pays.

    Réactions du marché indien

    Les indices boursiers indiens ont progressé d’environ 1,5 % suite aux commentaires de Trump. Le Nifty 50 a gagné 1,6 % tandis que le BSE Sensex a pris 1,48 %, atteignant leurs plus hauts niveaux en sept mois.

    L’Inde a été l’un des premiers pays à engager des négociations commerciales avec les États-Unis après la visite du Premier ministre Narendra Modi à la Maison Blanche en février, les deux parties s’étant accordées pour finaliser un accord bilatéral cette année.

    Le mois dernier, le vice-président américain JD Vance s’est rendu en Inde et a rencontré Narendra Modi, saluant les « très bons progrès » réalisés dans les négociations commerciales entre Washington et New Delhi.

    Déclarations clés de Donald Trump

    Lors d’une rencontre avec des dirigeants à Doha, capitale du Qatar, Trump a déclaré : « Il est très difficile de vendre en Inde, et ils nous offrent un accord où ils ne veulent littéralement pas nous imposer de tarifs. » Il a ajouté : « Ce sont les plus élevés, et maintenant ils annoncent zéro tarif. »

    Peu après, le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, a réfuté cette affirmation, indiquant que « rien n’est décidé tant que tout n’est pas finalisé » et qu’il serait prématuré de porter un jugement avant qu’un accord « mutuellement bénéfique » soit conclu.

    Trump n’a pas donné plus de détails sur l’offre de New Delhi, et le ministère indien du Commerce et de l’Industrie n’a pas immédiatement répondu aux sollicitations des médias.

    État des relations commerciales entre les États-Unis et l’Inde

    Les États-Unis sont le principal partenaire commercial de l’Inde, avec un commerce bilatéral atteignant environ 129 milliards de dollars en 2024. L’Inde a enregistré un excédent de 45,7 milliards de dollars avec les États-Unis l’année dernière, principalement grâce aux produits pharmaceutiques, machines électriques et bijoux.

    Trump, qui se plaignait depuis longtemps des tarifs indiens jugés trop élevés et préjudiciables aux entreprises américaines, s’était engagé à imposer des tarifs réciproques de 27 % sur l’Inde. Ces tarifs sont actuellement suspendus jusqu’au début juillet.

    Un tarif de base de 10 % continue d’être appliqué à l’Inde et à plusieurs autres pays durant cette pause.

    Le taux moyen de tarif en Inde est de 17 %, contre 3,3 % aux États-Unis, selon un rapport du Conseil indien pour la recherche en relations économiques internationales.

    Récemment, l’Inde a pris des mesures pour apaiser la désapprobation publique de Trump, notamment en réduisant les droits d’importation sur certains produits américains, comme le whisky bourbon (de 150 % à 100 %) et les motos Harley-Davidson (de 50 % à 40 %).

    Dans le cadre des négociations en cours, New Delhi aurait aussi proposé un tarif zéro sur les pièces automobiles, de manière réciproque et dans certaines limites, selon Bloomberg.

    Une délégation indienne doit se rendre aux États-Unis plus tard ce mois-ci pour faire avancer les discussions, et le ministre indien du Commerce, Piyush Goyal, pourrait également participer à cette visite.

    Progrès récents et tensions

    Les propos récents de Trump interviennent quelques jours après que l’Inde a menacé d’imposer des tarifs de représailles suite à l’augmentation des droits américains sur l’acier et l’aluminium, signe d’une posture plus ferme dans les négociations avec Washington.

    Pour l’instant, les pourparlers semblent progresser favorablement.

    Conditions potentielles de l’accord

    Selon Reuters, New Delhi aurait proposé de réduire à zéro les droits de douane sur 60 % des importations américaines dans une première phase, tout en offrant un accès préférentiel à près de 90 % des marchandises que l’Inde importe des États-Unis.

    En théorie, cela réduirait l’écart moyen des tarifs entre l’Inde et les États-Unis de 9 points de pourcentage, abaissant ainsi significativement les barrières commerciales dans la cinquième plus grande économie mondiale.

    L’accès préférentiel au marché américain concernerait des produits clés comme les bijoux, les textiles, ainsi que des produits agricoles tels que les bananes et le raisin.

    « Un accès préférentiel au marché pour l’Inde signifierait de meilleures conditions commerciales pour ces produits comparé aux autres partenaires commerciaux des États-Unis », a indiqué un responsable indien non nommé à Reuters.

    Pour rendre l’accord plus attractif pour Washington, l’Inde aurait également proposé d’assouplir les réglementations à l’export sur plusieurs importations américaines à forte valeur ajoutée, notamment les avions, véhicules électriques, dispositifs médicaux et hydrocarbures.

    Au-delà des tarifs, l’Inde souhaite être traitée sur un pied d’égalité avec d’autres alliés majeurs des États-Unis, comme le Royaume-Uni et le Japon, en ce qui concerne l’accès aux secteurs technologiques critiques tels que l’intelligence artificielle, la biotechnologie et les semi-conducteurs.

    Obstacles à un régime « zéro tarif »

    Les attentes de l’Inde d’être exemptée de tarifs sont en contradiction avec l’accord conclu entre les États-Unis et le Royaume-Uni, où seuls certains produits, fondés sur un intérêt mutuel, ont vu leurs tarifs supprimés, plutôt qu’un retrait global.

    La semaine dernière, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a laissé entendre que Washington pourrait chercher à sécuriser des « accords d’achat » pour certains produits avec la Chine dans le cadre des négociations commerciales en cours.

    Ces accords commerciaux récents suggèrent que la stratégie tarifaire de Trump consiste en des exemptions ciblées sur certains produits plutôt qu’en des accords de libre-échange larges, et les déclarations des officiels américains et indiens laissent présager un arrangement similaire.

    Par ailleurs, des questions internes entravent également un accord de libre-échange. L’Inde utilise depuis longtemps les tarifs pour protéger ses marchés agricoles contre les importations bon marché. Les agriculteurs craignent que Modi affaiblisse ces protections dans le cadre d’un accord avec Trump.

    Sur le plan géopolitique, la position de l’Inde est délicate. Bien que Washington considère New Delhi comme un contrepoids à l’influence croissante de Pékin, l’Inde a importé pour 113,45 milliards de dollars de produits chinois l’an dernier, contre seulement 40 milliards des États-Unis.

    De plus, la Chine a récemment mis en garde le Royaume-Uni à propos de son accord commercial avec les États-Unis, l’accusant de s’aligner sur Washington et risquant d’obliger les entreprises britanniques à exclure les produits chinois de leurs chaînes d’approvisionnement.

    La Chine a averti qu’elle était prête à pénaliser les pays qui se rangeraient du côté des États-Unis pour faire pression sur Pékin.

    Pour sa part, l’Inde a récemment montré sa volonté de s’engager dans des accords commerciaux après des années de scepticisme. La semaine dernière, elle a signé un pacte avec le Royaume-Uni qui réduira substantiellement les droits sur de nombreux produits.

    source:https://www.aljazeera.com/news/2025/5/16/has-india-offered-trump-zero-tariffs-what-we-know-and-why-it-matters

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