Après l’enlèvement spectaculaire du président Nicolas Maduro par les forces américaines et son exil vers les États-Unis, le Venezuela cherche à insuffler un nouveau souffle à sa diplomatie, en particulier avec l’Union européenne.
« Nous sommes disposés à avancer sur un nouvel agenda, un agenda de travail intense pour le bien-être des deux peuples, de tous les peuples d’Europe et du Venezuela », a déclaré le ministre des affaires étrangères du pays, Yvan Gil, lors d’une intervention au palais présidentiel de Miraflores, après une réunion entre les deux parties.
Outre M. Gil, des diplomates de l’UE et du Royaume-Uni ont rencontré Caracas, la présidente par intérim Delcy Rodriguez, ainsi que son frère et président du Parlement, Jorge Rodriguez, et le puissant ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello.
Cette rencontre a été décrite comme franche, cordiale et agréable par le chef de la diplomatie vénézuélienne. « Nous sommes tombés d’accord sur la nécessité d’avancer vers une phase de relations productives, d’ouvrir des voies de dialogue de plus en plus profondes, de plus en plus intenses », a ajouté M. Gil.
Delcy Rodriguez, ancienne vice-présidente de Nicolas Maduro, a été investie dans ce rôle et a ensuite signé des accords pétroliers avec les États-Unis, tout en autorisant la libération d’un nombre important de prisonniers politiques. Elle plaide désormais pour « ouvrir des voies de dialogue » avec l’Europe, qui n’avait pas reconnu la réélection de Maduro en 2024, avait imposé des sanctions au pays et soutenu Maria Corina Machado.
La rencontre intervient peu après que Caracas et Washington ont entamé des démarches conjointes pour rétablir leurs relations diplomatiques, rompues en 2019. Il s’agit d’un autre revirement diplomatique significatif après des années à vilipender ce qu’elle appelait l’impérialisme européen et américain.