Souffrir d’obésité entraîne de nombreux problèmes de santé. Cette maladie est souvent associée au diabète de type 2, à un risque accru de maladies cardiovasculaires, mais aussi de cancers. Selon une étude publiée à l’été 2024, l’obésité serait liée à un risque plus élevé d’une dizaine de cancers.
Plus récemment encore, des chercheurs ont montré qu’être en situation d’obésité au moment d’un diagnostic de cancer du sein augmentait le risque de récidive de 69 %. Le risque de mourir de la maladie passerait, lui, à 83 %.
Une nouvelle étude alerte désormais sur l’augmentation mondiale de l’incidence des cancers liés à l’obésité chez les adultes, quel que soit leur âge et la région du monde où ils vivent. Les résultats ont été publiés le 21 octobre dans la revue Annals of Internal Medicine.
Une hausse chez les jeunes comme chez les seniors
Pour cette recherche, les scientifiques ont analysé des données annuelles sur l’incidence du cancer de 2003 à 2017, issues de 42 pays d’Asie, d’Europe, d’Afrique, d’Amérique du Nord et du Sud, ainsi que d’Australasie. Ces informations proviennent de la base GLOBOCAN du Centre international de recherche sur le cancer.
L’équipe s’est intéressée à 13 types de cancers déjà identifiés dans d’autres travaux comme étant en augmentation chez les jeunes adultes : leucémie, cancers colorectaux, de l’estomac, du sein, de la prostate, de l’endomètre, de la vésicule biliaire, du rein, du foie, de l’œsophage, de la cavité buccale, du pancréas et de la thyroïde.
Les patients ont ensuite été répartis en deux groupes d’âge, les 20-49 ans d’un côté, les 50 ans et plus de l’autre. Contrairement à l’idée selon laquelle certains cancers toucheraient surtout les jeunes, les chercheurs ont observé que la leucémie ainsi que les cancers de la thyroïde, du sein, de l’endomètre, colorectal et du rein, tous liés à l’obésité, augmentaient chez les jeunes comme chez les seniors dans près des trois quarts des pays étudiés.
Pourquoi l’obésité favorise-t-elle certains cancers ?
L’accumulation de tissu adipeux peut provoquer une inflammation généralisée dans l’organisme, modifier les niveaux d’hormones, perturber le métabolisme cellulaire et créer un environnement propice au développement de cellules cancéreuses.
Selon l’étude, les associations les plus fortes entre obésité et cancer concernent l’utérus et le rein. Le tissu adipeux n’agirait pas seulement comme réserve d’énergie : il jouerait aussi un rôle central dans la production hormonale.
Lorsque la sécrétion hormonale est perturbée, cela peut favoriser une prolifération cellulaire accrue et empêcher l’élimination des cellules mortes. Ce déséquilibre accélérerait alors le risque de tumeur, expliquent les chercheurs.
Des évolutions contrastées selon les types de cancers
Les scientifiques ont également constaté une baisse des taux de cancers du foie, de la bouche, de l’œsophage et de l’estomac chez les jeunes. Cette évolution s’expliquerait probablement par le succès de mesures de santé publique liées au tabagisme, à la consommation d’alcool et à l’hépatite virale.
En revanche, le cancer de l’intestin semble progresser plus fortement chez les jeunes. Les auteurs de l’étude avancent plusieurs hypothèses : les seniors bénéficient de plus en plus du dépistage, tandis que les jeunes pourraient être davantage exposés à de nouveaux cancérogènes présents dans l’alimentation et l’environnement.
Les chercheurs soulignent la nécessité de nouvelles études ciblées, capables d’analyser les causes des sous-types de cancers selon les tranches d’âge. Ils estiment que ces résultats pourront aider à orienter les recherches futures ainsi que les recommandations cliniques et de santé publique.
En France, l’obésité continue de progresser rapidement
En France, entre 1997 et 2020, la proportion de personnes en surpoids reste autour de 30 %. En revanche, celle de l’obésité ne cesse d’augmenter, à un rythme jugé rapide par l’Assurance maladie.
La part des adultes en situation d’obésité est ainsi passée de 8,5 % en 1997 à 17 % en 2020. Cette hausse est particulièrement marquée chez les plus jeunes : elle a été multipliée par plus de quatre chez les 18-24 ans et par près de trois chez les 25-34 ans.
