Un changement significatif pour les aliments sains
Jusqu’à présent, des aliments comme les oranges, l’eau, les pistaches ou les bananes ne pouvaient pas être qualifiés de « sains » par la Food and Drug Administration (FDA) américaine. Un changement majeur est sur le point de bouleverser cette situation. En effet, une nouvelle règle, récemment annoncée, permettra désormais aux aliments entiers de porter cette mention.
Bien que certains produits bénéficieront de cette nouvelle étiquette, d’autres devront revoir leurs formulations pour se conformer aux nouvelles normes, particulièrement en ce qui concerne la teneur en sucre ajouté et en graisses saturées.
Une révision nécessaire des critères obsolètes
Ce changement, qui intervient après 30 ans sans aucune modification, pourrait remettre en question les pratiques d’un certain nombre d’entreprises, notamment celles qui utilisent le terme « sain » pour désigner leurs aliments. D’ailleurs, la FDA ne se contente pas de modifier ses critères : elle travaille également sur un logo symbolisant le terme « sain » que les fabricants ne pourront utiliser que s’ils respectent les nouvelles exigences nutritionnelles.
Selon Dariush Mozaffarian, cardiologue et directeur du Food Is Medicine Institute à l’université Tufts, la règle actuelle est « dangereusement dépassée », car elle se concentre sur les priorités alimentaires de 1980. Une mise à jour était nécessaire pour tenir compte des nouvelles recommandations diététiques de la FDA, privilégiant les nutriments naturellement présents dans les aliments.
Priorité aux aliments naturels
La nouvelle règle met l’accent sur les aliments entiers, qui n’ont pas subi de transformations susceptibles de réduire leur teneur en nutriments essentiels. Elle encourage également la consommation d’aliments à faible teneur en sucres ajoutés et en graisses saturées.
Par exemple, un aliment à base de protéines ne peut pas contenir plus de 2 % de la quantité quotidienne recommandée de sucre ajouté, tandis que les produits laitiers et céréaliers peuvent atteindre jusqu’à 5 %. Les produits à base de légumes ou de fruits doivent, quant à eux, être totalement exempts de sucre ajouté.
Les résultats d’une étude révélatrice
La FDA a basé cette révision sur un rapport scientifique qui a analysé 23 études montrant que le sucre ajouté n’apporte aucun avantage nutritionnel, contrairement aux aliments entiers comme les légumes et les céréales complètes. Les données de l’enquête nationale sur la santé et la nutrition (NHANES) ont également révélé que la consommation de sucre ajouté contribue à l’apport calorique global sans améliorer la qualité de l’alimentation.
Malgré ces avantages pour les consommateurs, l’industrie agroalimentaire exprime des préoccupations face à ces nouvelles normes, en particulier concernant la restriction du sucre ajouté. En revanche, de nombreux experts en nutrition saluent ces révisions des règlements, estimant qu’elles aideront les consommateurs à faire des choix plus éclairés.
