Le régime méditerranéen, un mythe ?
Le Dr Jean-François Renucci, cardiologue et ambassadeur de la fondation Agir pour le Cœur des Femmes, a des réserves sur les bienfaits du régime méditerranéen. « En donnant un point de vue scientifique, je risque d’écorner le mythe. À l’époque des années 1950, un Américain a observé que les Crétois avaient un taux d’évènements cardiovasculaires plus bas que celui d’Europe du Nord, où la situation était désastreuse. »
Ce constat a contribué à la promotion du régime crétois comme bénéfique pour le cœur, qui s’est ensuite étendu à l’ensemble de la Méditerranée. Ce régime consiste principalement en une alimentation riche en céréales complètes, légumes, fruits, et poissons, tout en limitant la viande rouge, les produits laitiers, et les aliments transformés. Toutefois, le Dr Renucci souligne que, à l’époque, les Crétois vivaient dans des conditions économiques limitantes et leur mode de vie était très différent de celui d’aujourd’hui.
Les avis sont partagés concernant les éventuels bienfaits
Le Dr Renucci fait également référence à une méta-analyse anglaise menée il y a vingt ans, qui montrait qu’adopter le régime méditerranéen ne diminuait pas le taux de mortalité mais avait un impact très limité sur la mortalité liée à d’autres maladies. Malgré cela, les recommandations européennes de prévention cardiologique de 2021 continuent de conseiller ce régime, en s’appuyant sur l’étude espagnole Predimed.
Pour le Dr Renucci, même si manger sainement est préférable, il ne faut pas en attendre des résultats miraculeux. « Manger plus de poissons que de viande, consommer peu de graisses saturées, augmenter ses apports en fruits et légumes, et pratiquer une activité physique régulière sont des conseils essentiels, même sans preuves solides de leur efficacité. »
La question de l’huile d’olive
Le régime méditerranéen met également l’accent sur l’huile d’olive, que le Dr Renucci considère comme ayant été sur-vendue. « L’huile d’olive n’est pas la meilleure pour la santé ; l’huile de colza est en réalité plus bénéfique, mais moins mise en avant commercialement. »
Il recommande de varier les huiles dans son alimentation, choisissant en alternance celles riches en acides gras monoinsaturés et polyinsaturés, tout en soulignant l’importance de la modération.