Le procès d’Emmanuel Abayisenga, incendiaire de la cathédrale de Nantes en juillet 2020, s’ouvre ce lundi devant la cour d’assises de Vendée. Condamné à quatre ans de prison pour l’incendie, le suspect est désormais jugé pour l’assassinat du père Olivier Maire, survenu en août 2021 après un séjour en hospitalisation et un hébergement par la congrégation des montfortains de Saint-Laurent-sur-Sèvre. Les avocats des parties civiles attendent des réponses et une clarification des faits, tandis que les experts évoquent une altération du discernement au moment des faits. Le dossier mêle antécédents judiciaires, questions liées à l’asile et éléments du récit des témoins, dans un contexte d’émotion publique et d’attention médiatique.

À partir du lundi 19 janvier, le procès d’Emmanuel Abayisenga devant la cour d’assises de Vendée
Le procès doit durer quatre jours devant la cour d’assises de Vendée. L’accusé, âgé de 45 ans, est un ressortissant rwandais arrivé en France en 2012 et décrit par des témoins comme « serviable » et « discret ». D’après l’autopsie, le corps d’Olivier Maire, 61 ans, est décédé des suites de coups violents portés à la tête dans le bâtiment où il logeait avec Abayisenga. Les experts psychiatres qui l’ont examiné ont évoqué une altération de son discernement au moment des faits. Particuliers et avocats discutent des aveux et des explications qui ont varié entre les aveux et la garde à vue reconduite en 2022 après un séjour en psychiatrie. Les parties civiles, notamment les deux frères d’Olivier Maire, entendent que « la justice passe, qu’il y ait une déclaration de culpabilité et une sanction », a déclaré Me Céline Party. « Ils se posent encore des questions, et surtout : « Pourquoi ? » Ils espèrent des réponses », a-t-elle ajouté. Né au Rwanda, l’accusé avait été bénévole pour le diocèse de Nantes et, après des demandes d’asile restées sans succès, avait reçu quatre obligations de quitter le territoire entre 2015 et 2019. Condamné à quatre ans de prison ferme pour l’incendie, il avait expliqué avoir été profondément marqué par une agression subie dans l’édifice fin 2018. Avant le meurtre, il avait confié à plusieurs personnes sa volonté de quitter la congrégation pour retourner en prison. Le pape François avait d’ailleurs exprimé sa douleur à ce sujet lors d’une audience publique.
Antécédents de l’accusé et éléments du dossier
Originaire du Doubs, né au Rwanda et arrivé en France en 2012, l’accusé a été bénévole pendant plusieurs années pour le diocèse de Nantes. Il est décrit par des témoins comme « serviable » et « discret ». Débouté à plusieurs reprises de ses demandes d’asile, il a écopé de quatre obligations de quitter le territoire français (OQTF) entre 2015 et 2019, selon l’enquête. Condamné à quatre ans de prison pour l’incendie de la cathédrale de Nantes, il avait déclaré lors du procès avoir été profondément marqué par une agression subie au sein de l’édifice fin 2018. Dans un mail adressé à de nombreux contacts le jour de l’incendie, il livrait son amertume face à sa situation administrative et cette agression. Avant le meurtre du père Olivier Maire, il avait confié à plusieurs personnes sa volonté de quitter la congrégation pour retourner en prison. Un prêtre de la communauté a toutefois déclaré aux enquêteurs que le mis en cause et M. Maire étaient « proches » et que ce dernier souhaitait « l’aider », « l’accompagner ». Sa mort avait provoqué un émoi, et le pape François avait fait part de sa « douleur » lors de son audience publique hebdomadaire.
