Le procès de Marine Le Pen est au cœur d’une révélation publiée ce mardi: Magali Lafourcade, secrétaire générale de la CNCDH, affirme avoir été approchée il y a quelques mois par deux émissaires américains dans le cadre d’une possible « manipulation du débat public français » en faveur de la cheffe de file de l’extrême droite. Elle raconte avoir reçu le 28 mai 2025 Samuel Samson et Christopher Anderson, deux conseillers du bureau de la démocratie, des droits humains et du travail au sein du département d’État américain. Selon elle, ces diplomates cherchaient « des éléments pour accréditer une théorie qui aurait pu, peut-être, servir de support à une désinformation ou à une manipulation du débat public français », et la conversation a rapidement dévié sur Marine Le Pen.
Des échanges évoqués par Magali Lafourcade

« Mal à l’aise », Magali Lafourcade affirme avoir signalé la discussion le jour même au ministère des Affaires étrangères, « ce que je ne fais jamais car en tant qu’institution indépendante, on ne rend pas compte des échanges qu’on a avec des diplomates ». Le Quai d’Orsay lui avait répondu prendre cette affaire « très au sérieux », a-t-elle assuré. Sollicité pour confirmer cet échange, le ministère n’avait pas répondu mardi en fin d’après-midi.
Réactions officielles et contexte diplomatique
Rendue inéligible par une condamnation en première instance en mars 2025, Marine Le Pen participe au procès en appel des assistants parlementaires d’eurodéputés du Front national (devenu Rassemblement national), qui a débuté le 13 janvier. Les représentants américains « étaient convaincus que c’était un procès politique qui visait à l’écarter de la présidentielle ou de la mettre au ban pour des raisons purement politiques », a relaté la secrétaire générale de la CNCDH. Pour les deux émissaires, Marine Le Pen est « injustement traitée » et victime « d’une condamnation politique » : « ils cherchaient des éléments pour accréditer cela », a ajouté Magali Lafourcade. « J’étais à ce moment-là très gênée parce que je trouvais que cette conversation n’avait pas lieu d’être avec des alliés », dit-elle, confiant avoir perçu quelque chose d’« assez malveillant » : « ça ressemblait à une sorte d’immixtion pour accréditer un discours dont j’ai eu le sentiment qu’il était à visée d’ingérence ». « Mal à l’aise », Magali Lafourcade affirme avoir signalé la discussion le jour même au ministère des Affaires étrangères, « ce que je ne fais jamais car en tant qu’institution indépendante, on ne rend pas compte des échanges qu’on a avec des diplomates ». Le Quai d’Orsay lui avait répondu prendre cette affaire « très au sérieux », a-t-elle assuré. Sollicité pour confirmer cet échange, le ministère n’avait pas répondu mardi en fin d’après-midi.
