Les passagers du navire de croisière MV Hondius ont commencé à être évacués ce dimanche à Tenerife après plusieurs jours d’alerte sanitaire liée à un cluster de hantavirus. Selon Reuters, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande une quarantaine de 42 jours pour les personnes à bord, tandis que le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) considère tous les passagers comme des contacts à haut risque par mesure de précaution. Les autorités soulignent toutefois que le risque pour la population générale reste faible.
Le dossier a pris une nouvelle ampleur après la confirmation de plusieurs cas liés à la traversée. D’après les éléments cités par Reuters et l’OMS, huit personnes sont tombées malades, dont trois décédées. Six infections ont été confirmées en laboratoire comme étant liées au virus Andes, une forme de hantavirus, et deux autres cas restent considérés comme probables au dernier point officiel disponible.
Une évacuation sous contrôle à Tenerife
À leur arrivée au port de Granadilla de Abona, les passagers ne présentant pas de symptômes ont été transférés vers l’aéroport de Tenerife dans des bus militaires, puis évacués à bord d’appareils affrétés par leurs pays respectifs, rapporte Reuters. Les autorités espagnoles ont insisté sur le fait qu’ils ne devaient pas entrer en contact avec le public pendant l’opération.
Les ressortissants français figuraient parmi les premiers groupes concernés par ce rapatriement, aux côtés des passagers espagnols. D’autres vols gouvernementaux étaient attendus pour les voyageurs néerlandais, britanniques, canadiens, turcs, irlandais, américains, australiens et néo-zélandais, ainsi que pour une partie de l’équipage.
Ce que disent l’OMS et l’ECDC
Dans sa note de situation publiée le 8 mai et révisée le 9 mai, l’OMS explique que le cluster a été signalé après plusieurs cas graves de maladie respiratoire sur ce navire battant pavillon néerlandais. L’organisation estime le risque modéré pour les passagers et l’équipage du bateau concerné, mais faible à l’échelle de la population mondiale.
L’ECDC, cité par Reuters, recommande de traiter l’ensemble des passagers comme des contacts à haut risque au moment du débarquement. Les personnes symptomatiques doivent être évaluées médicalement en priorité et testées à l’arrivée. Pour les autres, le retour vers leur pays s’accompagne d’un auto-isolement et d’un suivi sanitaire renforcé.
Un virus rare, avec une transmission interhumaine jugée inhabituelle
Les hantavirus se transmettent habituellement via des rongeurs. L’OMS précise cependant que le virus Andes fait partie des rares formes pour lesquelles une transmission entre humains peut être envisagée. Selon l’hypothèse de travail avancée par l’organisation, le premier cas aurait probablement été infecté avant l’embarquement, lors d’un voyage en Amérique du Sud, avant qu’une partie des contaminations suivantes ne survienne à bord.
Les autorités espagnoles ont également indiqué qu’aucun rongeur n’avait été détecté sur le navire lors des contrôles menés avant le débarquement. Cet élément n’écarte pas l’alerte sanitaire, mais il oriente les investigations vers une contamination initiale antérieure à l’arrivée du bateau aux Canaries.
Pourquoi cette affaire est suivie de près
L’épisode est surveillé de très près par les autorités sanitaires européennes car une telle flambée liée à un navire de croisière reste exceptionnelle. Reuters rappelle que l’évacuation a été coordonnée avec les autorités espagnoles, l’OMS et l’Union européenne afin d’éviter des déplacements non encadrés et d’organiser un suivi pays par pays.
À ce stade, les autorités ne parlent pas d’un risque élevé pour le grand public, mais d’une situation qui exige traçage, tests ciblés et surveillance dans la durée. Les prochains bilans des autorités sanitaires permettront de préciser si de nouveaux cas apparaissent parmi les passagers rapatriés dans les jours à venir.
