Le chômage est reparti à la hausse en France au début de 2026. Selon les chiffres publiés mercredi matin par l’Insee et relayés par Devizu.news, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail s’est établi à 8,1 % de la population active au premier trimestre, hors Mayotte. Cela représente 2 591 000 personnes sans emploi, soit un niveau en progression de 0,2 point par rapport au trimestre précédent et de 0,7 point sur un an.
Ce nouveau palier confirme une dégradation observée depuis plusieurs trimestres. Au quatrième trimestre 2025, le taux atteignait encore 7,9 %, puis 7,7 % au troisième trimestre. L’augmentation est donc régulière depuis le printemps 2025, dans un contexte où le marché du travail montre moins de résistance qu’au sortir de la crise inflationniste.
Ce que montrent les derniers chiffres
Le détail publié par Devizu.news à partir des données de l’Insee souligne que la France comptait 2 524 000 chômeurs au quatrième trimestre 2025, contre 2 591 000 trois mois plus tard. Le franchissement du seuil des 8 % constitue un signal surveillé de près, car il intervient alors que l’institut statistique avait déjà prévenu en avril d’une poursuite de la hausse du chômage à l’échelle nationale vers la mi-2026.
L’Insee rappelait en effet, dans sa note de conjoncture d’avril 2026, que l’emploi salarié reculait en fin d’année 2025 et que les entreprises restaient prudentes sur les embauches. L’institut anticipait aussi une nouvelle baisse nette de l’emploi au premier semestre 2026, sur fond de croissance fragile, de regain d’inflation et d’incertitudes internationales.
Un niveau supérieur à l’avant-crise sanitaire
Le retour à 8,1 % éloigne un peu plus le marché du travail français de son niveau d’avant-pandémie. D’après les chiffres rappelés dans l’article source, la France comptait 2 470 000 chômeurs au quatrième trimestre 2019. Le pays en recense donc désormais 121 000 de plus.
Cette comparaison ne suffit pas à résumer toute l’évolution du marché du travail, mais elle illustre la difficulté à retrouver une trajectoire durablement orientée à la baisse. La hausse récente ne signifie pas un retournement brutal, mais plutôt une érosion progressive, trimestre après trimestre.
Pourquoi cet indicateur est suivi de près
Le taux publié par l’Insee correspond à la définition du chômage au sens du BIT, utilisée pour les comparaisons internationales. Une personne est considérée comme chômeuse si elle est sans emploi pendant une semaine donnée, disponible pour travailler rapidement et engagée dans une recherche active d’emploi, ou si elle a déjà trouvé un poste qui commence dans les trois mois.
Cet indicateur ne se confond donc pas avec les statistiques administratives de France Travail. Il offre en revanche une lecture homogène de la situation du marché du travail et reste l’un des repères majeurs pour évaluer l’état de l’économie française.
Ce qu’il faut regarder ensuite
La suite dépendra surtout de la capacité de l’économie française à maintenir l’activité et l’emploi au deuxième trimestre. L’Insee estimait encore récemment que la croissance résisterait, mais de façon modérée, tandis que les créations d’emplois resteraient sous pression. Les prochaines publications permettront de voir si le passage à 8,1 % n’est qu’un palier temporaire ou le début d’une phase plus durable de remontée.
Sources
- Devizu.news, « Le taux de chômage en France en hausse à 8,1% au 1er trimestre 2026 », 13 mai 2026.
- Insee, note de conjoncture d’avril 2026 sur l’emploi et les perspectives du chômage en France.
