L’ancienne maire d’Arcadia, en Californie, a reconnu avoir agi illégalement comme agent de la Chine, selon les autorités américaines. Eileen Wang, qui a dirigé cette riche banlieue de Los Angeles, a accepté de plaider coupable à un chef d’accusation lié à une activité menée pour le compte d’un gouvernement étranger sans en informer Washington.
Le ministère américain de la Justice a précisé lundi que les faits reprochés s’étendent de la fin de l’année 2020 à 2022. D’après l’accusation, Wang a participé à la promotion de contenus favorables à Pékin tout en laissant croire qu’elle agissait dans le cadre d’une simple activité médiatique destinée aux Sino-Américains.
Âgée de 58 ans, l’ex-élue aurait notamment exploité un site nommé US News Center. Cette plateforme publiait des contenus soutenant la République populaire de Chine, tout en se présentant comme un média d’information destiné à la communauté chinoise aux États-Unis. Les procureurs estiment que cette vitrine servait en réalité à relayer de la propagande pro-Pékin.
Les autorités affirment également que Wang a republié un essai rédigé par un responsable chinois, texte dans lequel étaient rejetées les accusations de génocide visant Pékin au sujet de la minorité ouïghoure dans la région du Xinjiang, à l’ouest de la Chine. Cette région est au cœur de nombreuses critiques internationales sur la politique menée par les autorités chinoises.
Wang aurait travaillé avec Yaoning Sun, un homme résidant en Californie, condamné à quatre ans de prison après avoir plaidé coupable en octobre 2025 pour avoir agi comme agent illégal d’un gouvernement étranger, selon les procureurs américains. L’affaire met en lumière l’attention croissante des États-Unis sur les activités d’influence liées à Pékin.
Dans un communiqué publié sur le site de la ville d’Arcadia, Wang a annoncé sa démission lundi. Elle encourt une peine maximale de dix ans de prison. Ses avocats ont indiqué qu’elle souhaitait présenter ses excuses pour les erreurs commises dans sa vie personnelle.
Ils ont toutefois insisté sur le fait que les faits reprochés concernaient, selon eux, sa sphère privée et non son exercice en tant qu’élue locale. « Son amour et son dévouement pour la communauté d’Arcadia n’ont pas changé », ont-ils affirmé, en demandant la compréhension et le soutien des habitants.
Du côté de l’administration américaine, le ton est nettement plus ferme. John A. Eisenberg, procureur général adjoint chargé de la sécurité nationale, a exprimé sa vive préoccupation, estimant que les personnes élues aux États-Unis doivent agir uniquement dans l’intérêt de ceux qu’elles représentent.
Il a jugé particulièrement troublant qu’une personne ayant reçu et exécuté des instructions de responsables du gouvernement chinois puisse occuper une fonction de confiance publique sans que cette relation n’ait jamais été révélée.
L’ambassade de Chine à Washington n’a pas répondu immédiatement aux sollicitations de la presse. Cette procédure intervient alors que les relations sino-américaines restent marquées par les tensions commerciales, les questions de sécurité nationale et le dossier de Taïwan.
Elle survient aussi à la veille d’une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin, un sommet qui doit porter notamment sur la guerre entre les États-Unis et l’Iran, les échanges commerciaux et la situation de Taïwan. Les deux dirigeants avaient déjà convenu, lors d’une réunion en Corée du Sud en octobre dernier, d’une suspension d’un an de leur guerre commerciale.
