Le budget 2026 prévoit de réserver le financement du permis de conduire par le CPF aux demandeurs d’emploi, selon le volet dépenses publié vendredi. Cette mesure met fin à une pratique largement répandue: le permis B, coûtant en moyenne entre 1 500 et 2 000 euros, était devenu la formation la plus fréquemment financée par le CPF depuis 2019. En 2023, il représentait 23 % des formations financées par le CPF et environ 1,5 million de candidats au permis B ont utilisé le CPF en 2024 selon les chiffres du ministère du Travail et du ministère de l’Intérieur. Le Sénat avait adopté l’amendement en décembre et le gouvernement le maintient dans le cadre du budget 2026. Pour Xavier Iacovelli, sénateur Renaissance, l’objectif est de favoriser les bilans de compétences et les reconversions professionnelles, et non de réaliser des économies; les bilans seraient « primordiaux » selon lui. Toutefois, auto-écoles et associations estiment que la mesure crée une « fracture sociale » et impacte des populations dépendantes des transports collectifs.

Budget 2026: le CPF réservé aux demandeurs d’emploi pour le permis
Le dispositif prévoit désormais que le financement du permis soit accessible aux demandeurs d’emploi, conformément au volet dépenses du budget 2026 adopté ce vendredi. Le permis B, coûtant en moyenne entre 1 500 et 2 000 euros, était devenu la formation la plus fréquemment financée par le CPF depuis 2019. Le ministère du Travail indique que le permis représentait 23 % des formations financées en 2023 et que près d’un quart des candidats (environ 1,5 million en 2024 selon le ministère de l’Intérieur) l’avaient financé par ce biais. Le Sénat avait voté l’amendement en décembre et le gouvernement le maintient, arguant que l’objectif est de soutenir les bilans de compétences et les reconversions professionnelles plutôt que de réaliser des économies.
« L’objet de cet amendement est de conserver le bilan de compétences comme action éligible au financement du CPF et de compenser financièrement le coût de ce maintien », indiquait le sénateur Renaissance Xavier Iacovelli, jugeant « le rôle des bilans de compétences primordial » pour faciliter les reconversions. Depuis que le permis peut être financé par le CPF, le nombre de permis délivrés chaque année demeure stable (autour d’un million), selon lui. Cela a seulement substitué un financement mutualisé à une dépense auparavant supportée par les ménages, avec près de 300 millions d’euros par an mobilisés.
Le débat autour des chiffres montre que, parmi ceux qui utilisent leur CPF pour financer un permis, moins d’un tiers sont des demandeurs d’emploi et plus de 75 % ont plus de 25 ans et sont déjà insérés dans la vie active, rappelle-t-il. À l’inverse, auto-écoles et associations se sont insurgées contre l’amendement qui, selon elles, crée une fracture sociale. « Cette mesure frappe de plein fouet la France qui travaille, cotise, mais dépend de la voiture faute de transports collectifs. Ouvriers, aides à domicile, intérimaires, salariés des zones rurales et périurbaines : tous financent le CPF, mais se verraient refuser l’accès à ce droit », accusaient mercredi l’association « 40 millions d’automobilistes » et la Fédération des auto-écoles nouvelle génération.

Réactions et enjeux sociaux
L’annonce a suscité des réactions critiques de la part des professionnelles du secteur. L’association 40 millions d’automobilistes et la Fédération des auto-écoles estiment que la mesure crée une « fracture sociale » et risque de viser des publics dépendants du transport automobile faute de alternatives, notamment dans les zones rurales et périurbaines. Selon elles, le CPF a longtemps été le véhicule d’accès au permis et à la formation pour des travailleurs qui seraient autrement confrontés à des coûts élevés et à des délais. Les chiffres fournis par les autorités témoignent d’un impact structurel sur le marché du permis et sur les trajectoires professionnelles qui s’appuient sur la mobilité.
Au-delà des chiffres, le débat porte sur l’objectif du CPF lui-même: privilégier les bilans de compétences et les reconversions professionnelles tout en garantissant une gestion budgétaire du compte. Les défenseurs de l’amendement soutiennent que le CPF ne disparaît pas, mais que son utilisation est réorientée vers des outils considérés comme plus efficaces pour les parcours professionnels. Le gouvernement affirme que l’argent du CPF continuera d’être utilisé pour des actions de développement des compétences, même si les bénéficiaires du permis ne pourront plus accéder à cette aide hormis les demandeurs d’emploi.
