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    Corée du Sud : Yoon échappe à la destitution malgré la crise

    Corée du Sud

    Après l’annonce de l’échec de la motion de destitution contre le président sud-coréen Yoon Suk-yeol, des centaines de personnes se sont rassemblées devant l’Assemblée nationale pour exprimer leur dépit et leur colère. Équipés de bâtons lumineux et de pancartes anti-Yoon, ces manifestants ont bravé le froid glacial de Séoul. Près de 150 000 personnes se sont mobilisées ce samedi, espérant un règlement rapide de la crise politique déclenchée par la déclaration de la loi martiale par le président.

    Effervescence au Parlement

    Le bâtiment principal du Parlement sud-coréen montre encore les stigmates de la tentative d’intrusion par l’armée, avec des portes enfoncées et des vitres brisées. À l’intérieur, les membres des équipes parlementaires de l’opposition arboraient les mêmes pancartes que les manifestants. Aux alentours de 17 heures, des cris de « Yoon Suk-yeol destitution » retentissaient dans le hall, alors que les députés entraient dans l’hémicycle pour voter sur une proposition de loi visant à enquêter sur la première dame, Kim Keon-hee, accusée de corruption.

    Cette manœuvre politique de la gauche visait à forcer le parti présidentiel à assister à la session, espérant que certains membres désobéiraient à la ligne de leur formation et voteraient pour la destitution. Cependant, l’échec du premier vote et le boycott du second par les députés du Parti du pouvoir populaire (PPP) ont contrecarré les plans de l’opposition. Alors que les députés du PPP quittaient leurs sièges, des assistants parlementaires les encourageaient à voter. Seuls trois d’entre eux ont finalement décidé de contredire les consignes et de participer au vote.

    Yoon sauvé par son parti

    Alors que son sort semblait scellé après les déclarations de son propre parti, Yoon Suk-yeol conserve son poste grâce à ses députés, qui ont jugé qu’un vote pour la destitution leur aurait assuré des défaites électorales. En 2017, après l’impeachment de la présidente Park Geun-hye, le candidat de gauche avait largement remporté l’élection présidentielle. Ce samedi matin, les excuses de Yoon, livrées dans une allocution de deux minutes, indiquaient que le PPP souhaite prendre ses distances avec cette figure impopulaire tout en gardant le président en fonction jusqu’à la fin de son mandat en 2027.

    Les événements de mardi ont laissé une empreinte profonde sur la population. De nombreux manifestants expriment leur peur d’un retour à la dictature. « Je suis très nerveux, il pourrait trouver un nouveau prétexte pour déclarer une loi martiale », confiait un jeune lycéen devant l’Assemblée. Certains manifestants ont même passé la nuit sur place pour éviter une nouvelle tentative de coup d’État. Yoon a, quant à lui, assuré que de telles mesures ne se reproduiraient pas.

    « Une question de temps »

    Kim Ji-soo, ancien candidat à la présidence du Parti démocrate, a prédit que si la motion de destitution échoue, davantage de citoyens viendront protester. Les manifestants estiment que le gouvernement a ignoré leurs préoccupations. « Ils ont tenté de garder leur pouvoir, ils n’ont pas écouté le peuple coréen », a déclaré une citoyenne déterminée à revenir aux manifestations.

    « Ce n’est qu’une question de temps », a affirmé Kim Jung-hyun, attaché parlementaire, en rappelant que le processus de destitution de Park Geun-hye avait duré plusieurs mois. Après l’échec de ce samedi, le Parti démocrate se prépare à soumettre à nouveau une motion dans les jours à venir, espérant que la honte d’être associé à Yoon incitera suffisamment d’élus à soutenir la destitution.

    Yoon Suk-yeol | Corée Du Sud | Destitution | Manifestations | Loi Martiale

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