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    La gestion du Covid-19 au Royaume-Uni aurait causé des décès évitables

    Un expert en santé mondiale affirme que la gestion de la pandémie de Covid-19 au Royaume-Uni a conduit à des décès évitables, en raison d’un non-respect des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des données émergentes d’Asie de l’Est sur les stratégies de suppression du virus.

    Un choix critique : ignorer la stratégie de suppression

    Au début de la pandémie, la stratégie dite de suppression visait à éviter des confinements nationaux stricts tout en maintenant l’activité économique. Cette approche repose sur des systèmes de surveillance efficaces pour contrôler rapidement les nouvelles flambées et réduire le taux reproductif (R0) sous la barre de 1, ce qui fait décroître l’épidémie.

    Anthony Costello, professeur de santé mondiale à University College London, estime que si le Royaume-Uni avait adopté cette stratégie, des milliers de vies auraient pu être sauvées. Il s’interroge sur la persistance du faible intérêt accordé à cette méthode à long terme et réclame une meilleure gouvernance du conseil scientifique qui oriente les décisions sanitaires britanniques.

    Une divergence avec les recommandations internationales

    En janvier 2020, face à la menace mondiale du Covid-19, l’OMS conseillait de se concentrer sur une suppression rapide pour endiguer la propagation du nouveau coronavirus. Plusieurs pays européens comme la Grèce, l’Allemagne, la Norvège et l’Irlande ont suivi ces recommandations.

    En revanche, le Scientific Advisory Group for Emergencies (SAGE) du gouvernement britannique a choisi à l’unanimité une réponse calquée sur la gestion de la grippe pandémique, ignorant les spécificités du coronavirus. Même lorsque plusieurs pays d’Asie de l’Est rapportaient une baisse rapide des cas grâce à la suppression, SAGE n’a pas modifié ses avis.

    En mars 2020, le gouvernement a publié un plan intitulé « contenir, retarder, rechercher, atténuer », basé sur l’idée d’une propagation du virus pour atteindre une immunité collective, en opposition à la suppression.

    Des erreurs aux conséquences lourdes

    La décision ferme de SAGE de recommander une stratégie centrée sur la grippe a été défendue par ses co-présidents, Chris Whitty, médecin-chef d’Angleterre, et Patrick Vallance, conseiller scientifique en chef jusqu’en 2023. Pourtant, selon Costello, cette défense repose sur trois hypothèses discutables :

    • Le Covid-19 ne pouvait pas être supprimé.
    • Une seconde vague majeure surviendrait même en cas de suppression.
    • La suppression imposerait des confinements nationaux prolongés.

    Costello reconnaît la complexité et la rapidité d’évolution de la situation en 2020, mais qualifie les conseils de SAGE de « défaillants » résultant d’une « défaillance systémique ».

    Parmi les manquements, il souligne l’absence de recommandations pour une extension rapide des tests, la mobilisation des agents de santé communautaires en tant que traceurs de contacts, ou encore l’implémentation de mesures financières et de soutien permettant une isolation efficace.

    Un bilan humain dramatique

    En comparant le taux de mortalité cumulée en excès, Costello note : « Si le Royaume-Uni avait suivi la même stratégie que la Corée du Sud, avec 69 décès au lieu de 344 pour 100 000 habitants, jusqu’à 180 000 décès auraient pu être évités d’ici mars 2024. »

    Questions sans réponse et appels à la réforme

    Le BMJ a sollicité Chris Whitty et Patrick Vallance pour expliquer pourquoi ils n’avaient pas recommandé une stratégie de suppression malgré les conseils de l’OMS et les preuves émergentes. Les questions portaient également sur le manque d’experts indépendants au sein de SAGE, leur silence face à certaines politiques nuisibles à la santé, et leur maintien des recommandations initiales. Aucune réponse n’avait été reçue lors de la publication.

    Anthony Costello déplore qu’au bout de cinq ans, beaucoup des responsables de cette réponse défaillante soient toujours en poste, n’aient pas changé d’avis sur la suppression, et qu’aucune amélioration significative n’ait été apportée aux comités de conseil gouvernementaux ni aux règles de gouvernance pour la gestion future des pandémies.

    Il estime que l’enquête sur le Covid-19 ainsi que la communauté médicale britannique doivent enfin analyser correctement cet échec de santé publique.

    source:https://www.miragenews.com/expert-uks-focus-lapse-led-to-avoidable-covid-1458085/

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