Des appels à manifester et une controverse autour d’une arrestation par l’immigration et le cas d’un garçon de 5 ans à Minneapolis ont relancé le débat sur les droits des migrants et les méthodes d’application des lois liées à l’immigration. Des images du jeune Liam Ramos ont circulé largement, alimentant une vague de réactions dans l’opinion et parmi les responsables locaux et internationaux.
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À Minneapolis, arrestation d’un enfant par l’ICE et montée des tensions
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Selon les informations relayées par plusieurs médias américains, le garçon et son père seraient détenus dans un centre de rétention au Texas après que l’homme ait été arrêté. L’opération de l’ICE dans l’Etat du Minnesota s’accompagne d’un contexte déjà marqué par la mort de Renee Good, une Américaine de 37 ans tuée dans sa voiture par un agent le 7 janvier à Minneapolis, qui a cristallisé les tensions.
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Une photo de Liam Ramos fait la Une de nombreux médias et a été massivement partagée sur les réseaux sociaux. « Liam Ramos est juste un petit enfant. Il devrait être chez lui, avec sa famille, pas servir d’appât à l’ICE et se retrouver détenu au Texas », a dénoncé sur X l’ancienne vice-présidente démocrate Kamala Harris, se disant « ulcérée ». « Faire appliquer la loi est une chose. Terroriser une population, utiliser les enfants comme des pions en est une autre », a renchéri Hillary Clinton, l’ex-adversaire de Donald Trump à la présidentielle de 2016.
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Des appels à une journée d’action vendredi pour chasser « l’ICE hors du Minnesota » ont été lancés sur les réseaux, et des manifestations sont attendues dans le centre de Minneapolis. Le maire de la ville, Jacob Frey, a déclaré: « Quand le gouvernement fédéral traite les enfants comme des criminels, quelque chose ne va vraiment pas ». JD Vance a défendu les agents de l’ICE: « Que devaient-ils faire d’autre? Laisser un enfant de cinq ans mourir de froid ? », a-t-il interrogé. Accusé par l’opposition démocrate d’avoir attisé les tensions en prenant la défense du policier de l’immigration qui a tué Renee Good, JD Vance s’était rendu jeudi à Minneapolis pour rencontrer des agents et « faire baisser la température ». « Oui, vous pouvez manifester », a-t-il lancé à l’adresse des habitants de la ville qui protestent quotidiennement, « mais faites-le pacifiquement ».
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Le vice-président américain a renvoyé la responsabilité des violences lors des opérations de l’ICE à l’absence de coopération de la police locale au Minnesota, un des Etats démocrates ciblés par l’offensive anti-immigration du président Donald Trump. « Nous pouvons très bien faire appliquer les lois sur l’immigration sans provoquer le chaos, mais cela nécessite réellement la coopération des autorités étatiques et locales », a-t-il soutenu, déplorant notamment que les agents fédéraux ne soient pas « protégés ».
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Réactions internationales et cadre juridique
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En se basant sur des vidéos, les manifestants et les élus démocrates contestent la thèse officielle selon laquelle le policier qui a tué Renee Good était en état de légitime défense. « Bien sûr, nous enquêtons sur les tirs ayant visé Renee Good », mais « d’une manière qui respecte les droits des gens », a lancé JD Vance, ajoutant que, « si quelqu’un a fait quelque chose de répréhensible, oui, il fera face à des sanctions disciplinaires ». Le 8 janvier, il avait assuré que le policier de l’immigration qui a abattu Renee Good « bénéficiait d’une immunité absolue ». L’État du Minnesota a demandé à la justice fédérale la suspension de l’opération de l’ICE. Une audience à ce sujet est prévue lundi.
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A Genève, l’ONU s’est dite « sidérée par les mauvais traitements désormais routiniers » infligés aux migrants aux Etats-Unis, pressant Washington de cesser une répression qui « déchire les familles ».
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