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    Procès Péchier: l’accusé à la barre en Besançon

    France

    À Besançon, le procès de Frédéric Péchier, anesthésiste accusé d’avoir empoisonné des patients entre 2008 et 2017 dans deux cliniques de la ville, est installé dans une phase où les débats se structurent autour des faits et des témoignages. Depuis l’ouverture des débats le 8 septembre, l’accusé, qui compareît libre mais risque la réclusion à perpétuité, n’a obtenu qu’une brève prise de parole lors du premier jour. La présidente Delphine Thibierge a veillé au respect du programme prévu et les échanges ont notamment porté sur le déroulement des faits et sur les éléments qui lui sont reprochés. Un interrogatoire est prévu lundi à partir de 14H00, afin que l’accusé puisse s’expliquer en détail sur les faits qui lui sont reprochés, selon ses avocats.

    Procès de Frédéric Péchier à Besançon
    Procès de Frédéric Péchier à Besançon

    À Besançon, deux empoisonnements au cœur des débats

    Selon l’accusation, l’accusé aurait empoisonné des patients, entre 2008 et 2017 dans deux cliniques de Besançon, pour nuire à certains de ses collègues médecins avec qui il était en conflit.

    À partir de lundi, il devra notamment expliquer pourquoi, lors de l’arrêt cardiaque de Mme Simard, le 11 janvier 2017, il a spontanément injecté, pour la réanimer, du gluconate de calcium, un produit utilisé pour aider le cœur en cas d’excès de potassium, alors qu’il n’était pas censé savoir à ce moment-là que la patiente avait été intoxiquée au potassium.

    Cluedo médical. Selon l’accusation, ce détail prouve que c’est bien lui qui aurait ajouté une dose très élevée de potassium dans la perfusion de la jeune femme, venue à la clinique pour une simple opération du dos.

    La semaine dernière, une infirmière a en outre raconté à la cour avoir fourni du potassium à Frédéric Péchier, à sa demande. Cela ne prouve rien, estime cependant la défense, pour qui l’accusé, s’il avait réellement voulu se procurer ce produit en vue d’un empoisonnement, aurait très facilement pu en voler à l’hôpital, sans prendre le risque d’en demander à visage découvert.

    Jusqu’à présent, le Dr Péchier n’a pas eu l’occasion de s’exprimer sur le cas de M. Gandon, le seul, parmi les 30 victimes présumées, qu’il avait anesthésié lui-même. Selon les enquêteurs, il aurait empoisonné ce patient, le 20 janvier 2017, avec un produit d’anesthésie locale (mépivacaïne), pour se forger un « alibi », alors qu’une enquête venait justement d’être ouverte sur le cas de Mme Simard.

    La semaine dernière, les débats sur ce cluedo médical ont mis en évidence que, le jour des faits, entre 8 h 15 et 9 h 00, les deux personnes les plus susceptibles d’avoir injecté le poison étaient le Dr Péchier et une élève infirmière anesthésiste. Or l’accusé a demandé à ce moment-là à cette soignante de quitter le bloc opératoire pour prendre une pause. Quand elle est revenue, le patient de 70 ans présentait de premiers signes de détresse cardiaque.

    « Il va falloir quand même qu’il (le Dr Péchier) s’explique. Je pense qu’il serait temps de nous dire les choses », observe Me Stéphane Giuranna, avocat d’une partie de la famille de M. Gandon. « Les victimes ont hâte de l’entendre s’expliquer » et répondre à leurs « dizaines, voire centaines de questions », ajoute-t-il.

    Témoignages et enjeux

    La défense souligne qu’aucun élément ne prouve l’intention d’empoisonner et rappelle que Péchier aurait pu se procurer du potassium ailleurs. La semaine dernière, une infirmière a en outre raconté à la cour avoir fourni du potassium à Frédéric Péchier, à sa demande. Cela ne prouve rien, affirme cependant la défense, pour qui l’accusé, s’il avait réellement voulu se procurer ce produit en vue d’un empoisonnement, aurait très facilement pu en voler à l’hôpital, sans prendre le risque d’en demander à visage découvert.

    Jusqu’à présent, le Dr Péchier n’a pas eu l’occasion de s’exprimer sur le cas de M. Gandon, le seul, parmi les 30 victimes présumées, qu’il avait anesthésié lui-même. Selon les enquêteurs, il aurait empoisonné ce patient, le 20 janvier 2017, avec un produit d’anesthésie locale (mépivacaïne), pour se forger un « alibi », alors qu’une enquête venait justement d’être ouverte sur le cas de Mme Simard.

    Audience lors du procès Péchier à Besançon
    Audience lors du procès Péchier à Besançon

    Prochains éléments et calendrier du procès

    Le procès est prévu jusqu’au 19 décembre, avec des interventions prévues dans les prochaines semaines et un interrogatoire supplémentaire selon le déroulement des débats. Ces échanges dessinent une affaire complexe et centrée sur des éléments techniques liés à l’anesthésie et à la sécurité des patients.

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