Des milliers de partisans du pouvoir de Nicolás Maduro ont défilé mardi dans les rues de Caracas pour réclamer le retour du président déchu, détenu par les États-Unis depuis environ un mois, le 3 janvier.

La présidente par intérim Delcy Rodríguez, sous pression américaine, a annoncé vendredi l’examen d’une loi d’amnistie générale et a déclaré travailler activement sur le texte.
Selon elle, il s’agirait d’une loi d’amnistie qui permettrait, durant cette période de violence politique et d’extrémisme, de mener une politique nationale. L’opposition espérait que le texte serait présenté mardi.
Le député d’opposition Tomás Guanipa a demandé au pouvoir d’agir rapidement.
« J’espère que l’amnistie ouvrira la voie à la réconciliation, à la coexistence, à la paix et à la démocratie », a déclaré à l’AFP son collègue Stalin González.
Dans la rue, des milliers de partisans du pouvoir, dont de nombreux employés du secteur public, ont scandé des slogans tels que « Le Venezuela a besoin de Nicolas » ou « Vamos Nico ». Ils ont déployé un immense drapeau portant la photo de Maduro et de l’ex-première dame, Cilia Flores, avec la mention en anglais « Bring them back ». Organisée par le pouvoir dans le centre de Caracas, la manifestation a réuni des militants souvent habillés de rouge et portant d’innombrables drapeaux, tandis que des camions-baffles diffusaient de la musique. Certains manifestants brandissaient des photos de Maduro et de Cilia Flores.

« Ce peuple n’est pas américain », a lancé sur un podium le fils de Maduro, Nicolas Maduro Guerra, surnommé « Nicolásito », vêtu d’un survêtement aux couleurs du Venezuela.
« Nous nous sentons confus, tristes, en colère. Après la colère, après le désespoir, après l’incertitude, l’espoir reste dans la rue. Tôt ou tard ils devront libérer notre président », a affirmé José Perdomo, 58 ans, employé municipal, tout en soutenant « à 100 % les décisions prises par notre présidente par intérim, Delcy Rodríguez ».
Mme Rodríguez, qui, outre la loi d’amnistie, a annoncé vendredi la fermeture de la prison de l’Hélicoïde et une réforme judiciaire, a promis mardi une réforme du code minier. Celle-ci devrait, tout comme la nouvelle loi sur le pétrole adoptée la semaine dernière, ouvrir le secteur au privé.
Sur son compte Telegram, le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino López, a évoqué « les blessures ouvertes » après l’attaque américaine, et affirmé que l’armée soutenait « les efforts déployés par la cheffe de l’État pour promouvoir la réconciliation, l’union nationale, la reprise économique et le renforcement du système démocratique ». « Aucune décision n’a été prise au détriment de la souveraineté, ni au mépris de l’indépendance nationale. Aujourd’hui, l’honneur et la morale intacts, nous réitérons: Indépendance ou rien! Fidèles toujours, traîtres jamais! Nous vaincrons! »
L’opposition insiste sur la nécessité d’un changement de gouvernement par le biais d’élections. Dans la matinée, des étudiants et des familles de prisonniers politiques ont appelé le pouvoir à adopter rapidement la loi d’amnistie promise vendredi par Mme Rodríguez. Cette mobilisation a rassemblé quelque 500 personnes à l’Université centrale du Venezuela (UCV), qui ont chanté que « la liberté est dans la rue et personne ne l’arrêtera ». « Les gens se demandent ce qu’ils voient: ce sont les étudiants de nouveau dans la rue », ont-ils ajouté.
Les relations entre Caracas et Washington avaient été rompues en 2019 lorsque les États-Unis, sous l’administration de Donald Trump, avaient contesté la réélection de Maduro. Des étudiants et des familles de prisonniers politiques ont alors demandé l’adoption rapide de la loi d’amnistie et se sont rendus à l’UCV pour dénoncer la situation et appeler à la liberté.
