Suppression des rappels de vaccination DTP est étudiée comme une éventuelle économie majeure, estimée à environ 1 milliard de dollars par an, mais sous condition de conserver une couverture vaccinale solide chez les enfants. En France, le calendrier vaccinal prévoit des rappels du DTP tous les 20 ans à partir de 25 ans, puis tous les 10 ans après 65 ans, afin de maintenir une protection efficace contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite.
Proposition américaine et objectif économique
Des chercheurs suggèrent aux autorités américaines de supprimer les rappels du vaccin DTP chez les adultes, arguant que cette suppression pourrait être sans risque si la couverture vaccinale des enfants demeure élevée. L’étude, publiée le 15 juillet 2025 dans Clinical Microbiology Reviews, estime qu’une telle mesure permettrait d’économiser environ 1 milliard de dollars par an tout en préservant la sécurité et la protection de la population.
« En maintenant une couverture vaccinale élevée chez les enfants, nous protégeons non seulement les enfants, mais nous pourrions même réduire les rappels de vaccination chez les adultes », déclare l’auteur principal, le Professeur Mark Slifka, de la faculté de médecine de l’Oregon Health & Science University. « Cela permettrait d’économiser 1 milliard de dollars par an tout en assurant la sécurité sanitaire de la population ».
Condition sine qua non: la couverture vaccinale des enfants
Les chercheurs précisent que la suppression des rappels chez l’adulte ne serait efficace que si la couverture vaccinale chez les enfants reste élevée. Cette stratégie viserait à protéger l’ensemble de la population tout en réduisant les rappels inutiles chez les adultes. Ils indiquent également que l’abandon des rappels contre le tétanos et la diphtérie chez l’adulte pourrait s’aligner davantage sur les directives de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Cependant, certains scénarios exigent une vaccination préventive chez l’adulte en urgence, notamment après un accident du travail ou un accident de voiture. Ces situations justifient une approche nuancée et adaptée au contexte sanitaire.
France vs Royaume‑Uni: comparaison des stratégies vaccinales
Les chercheurs ont comparé les stratégies vaccinales de deux pays industrialisés: la France, où les rappels de DTP sont encore recommandés pour les adultes, et le Royaume‑Uni, où ces rappels ne sont plus préconisés depuis les années 1950. Malgré leur proximité géographique et démographique similaire, les deux pays ne présentent pas de différence marquée en matière de cas de tétanos ou de diphtérie, grâce à une forte couverture vaccinale dès l’enfance.
La conclusion met en lumière l’importance d’une immunité collective robuste dès l’enfance pour maintenir une protection durable, même lorsque les rappels adultes évoluent selon les recommandations nationales.
Risque de décès et contexte sanitaire
Les chercheurs rappellent que la défiance envers les vaccins s’est accrue après la crise du Covid‑19 et que le débat politique autour de la vaccination peut influencer les recommandations. Ils évoquent également le contexte américain où le récent débat autour de la vaccination et la position de certaines figures publiques ont alimenté les critiques, alors que des infections comme la rougeole réapparaissent dans le pays.
Historiquement, il y a eu des taux de mortalité élevés liés au tétanos et à la diphtérie avant l’ère des antibiotiques et des vaccins. Aujourd’hui, grâce à la vaccination infantile et aux rappels pendant la grossesse, ces maladies sont devenues rares. Le professeur Slifka rappelle qu’aux États‑Unis, les risques de tétanos ou de diphtérie restent largement inférieurs à d’autres dangers quotidiens, comme les risques liés à la foudre.
