Deux semaines après l’annonce faite par Paul Biya, lors du discours de nouvelle année, d’un « nouveau gouvernement » à venir dans les prochains jours, aucune formation ministérielle n’a été annoncée. Le gouvernement en place, dirigé par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, demeure en fonction depuis sept ans, malgré des décès et des démissions de ministres. Parmi ces départs figuraient Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakary, tous deux candidats à l’élection présidentielle d’octobre, et plusieurs scandales financiers ayant entaché le quinquennat.
À Abidjan, Christophe Mien Zock, directeur de la propagande du RDPC, affirme que l’élection présidentielle a montré que les Camerounais se disent mécontents de la gouvernance et des résultats en matière d’infrastructures.
Selon le président Biya, la future équipe doit se caractériser par la probité et l’intégrité. Il est conscient que, par le passé, certains choix s’étaient éloignés de ces idéaux de renouveau. Cette annonce est présentée comme un signe de reprise de confiance, même si l’évaluation dépendra des actes qui suivront.
Au PCRN de Cabral Libii, on indique rester tourné vers les échéances législatives et municipales tout en se montrant disponible si l’appel était lancé. Le porte-parole Richard Tamfu précise que le parti n’adopte pas une posture de rejet et répondra présent s’il est sollicité pour servir les Camerounais.
Pour l’opposante de l’Union démocratique du Cameroun, Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya, pas d’attente d’un remaniement capable de changer la donne: il faut une union nationale et des réformes constitutionnelles et du code électoral pour sortir de l’impasse.
Le MRC de Maurice Kamto n’a pas souhaité commenter l’éventuel remaniement, estimant que l’octroi du huitième mandat à Paul Biya demeure contesté.