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    Opposition dénonce la gestion gouvernementale et la rejection d’amendements au Parlement

    Trinidad et Tobago

    L’atmosphère politique se tend à Trinidad et Tobago alors que l’opposition critique vivement la stratégie législative du gouvernement. Face au rejet du projet de loi sur les Zones d’Opérations Spéciales (ZOSO) au Sénat, la leader de l’opposition, Penelope Beckles, dénonce une « gouvernance par l’intimidation » et défend l’intégrité des sénateurs indépendants face aux accusations de partis pris.

    Une indépendance sénatoriale remise en cause par le gouvernement

    La tension est palpable au sein du Parlement. Penelope Beckles, cheffe de l’opposition, a fermement rejeté les allégations de la Première ministre suggérant l’existence d’un « pacte politique » entre l’opposition et les sénateurs indépendants. Lors d’une conférence de presse tenue à Port-d’Espagne, Mme Beckles a tenu à rectifier les faits en s’appuyant sur les données factuelles des récents votes.

    En analysant une douzaine de textes législatifs débattus entre juin 2025 et janvier, elle a souligné que les sénateurs indépendants ont voté selon leur conscience et les mérites de chaque loi, et non sous la dictée de l’opposition. Elle a cité en exemple la variation des votes, allant du rejet de la loi sur l’administration fiscale au soutien unanime de la loi sur l’administration de la justice.

    « Comment la Première ministre peut-elle conclure à un complot face à de telles preuves ? » s’est interrogée Mme Beckles. Selon elle, ces attaques s’inscrivent dans une stratégie plus large du gouvernement actuel : une gestion par la menace et le refus du dialogue, visant aussi bien les institutions que le public.

    Le refus catégorique des amendements par le gouvernement

    Au cœur de la discorde se trouve l’échec du projet de loi ZOSO. L’opposition affirme que le gouvernement porte l’entière responsabilité de cet échec législatif en raison de son refus obstiné de considérer la moindre modification du texte.

    Faris Al-Rawi, sénateur de l’opposition, a révélé que plus de 100 amendements avaient été proposés conjointement par l’opposition et les indépendants, dont 63 spécifiquement par le Mouvement National Populaire (PNM). L’objectif était d’apporter des garde-fous constitutionnels, notamment concernant les pouvoirs de police conférés à l’armée.

    « Le gouvernement n’était absolument pas prêt à considérer un seul amendement », a déploré Mme Beckles. Elle attribue cette attitude à l’incompétence et à la précipitation de l’administration, contrainte par l’expiration imminente de l’état d’urgence ce samedi 31 janvier.

    Inquiétudes sécuritaires et enjeux constitutionnels

    Le rejet du texte au Sénat soulève des inquiétudes majeures quant à la sécurité publique. Le sénateur Al-Rawi a mis en garde contre une possible escalade de la criminalité une fois les détenus de l’état d’urgence relâchés sans avoir été interrogés par la police.

    L’opposition insiste sur le fait que ses propositions visaient à renforcer la transparence, notamment via la supervision de l’Autorité des Plaintes contre la Police, et à clarifier les mécanismes d’identification des forces conjointes. Selon Al-Rawi, le gouvernement anticipait l’échec du projet de loi pour mieux blâmer l’opposition et les indépendants par la suite.

    Il a rappelé que l’armée opère sous la direction du ministre de la Sécurité nationale, contrairement à la police qui dépend d’une commission indépendante. Conférer des pouvoirs de police aux soldats sans strictes garanties constitutionnelles représentait, selon l’opposition, un risque démocratique inacceptable que les amendements rejetés cherchaient à corriger.

    Source: https://trinidadtribune.com/al-rawi-govt-rejected-106-amendments-to-bill/

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