La mobilisation des pharmacies de garde se poursuit sur l’ensemble du territoire, dans un contexte où la remise commerciale sur les médicaments génériques fait l’objet d’un cadre nouveau. Le gouvernement a fixé un plafond de 30 % sur ces remises consenties par les laboratoires afin d’encourager la consommation des génériques. Cette mesure est présentée comme un levier pour favoriser une offre de soins plus efficace et plus économique pour les patients, mais elle suscite de vives inquiétudes chez les professionnels de santé de proximité.
Les acteurs de la pharmacie soulignent que la réforme pourrait fragiliser l’équilibre économique des petites officines et impacter l’accès aux soins dans les territoires. La question dépasse le seul aspect budgétaire: elle touche à l’emploi, au maillage territorial et à la capacité des pharmacies à assurer leur mission de proximité face à des centres urbains mieux équipés. La mobilisation s’inscrit ainsi dans un contexte où la réduction des remises est perçue comme une révision majeure des revenus des pharmacies.
Des licenciements à la clé pour les pharmacies de proximité
Cette décision est décrite par les organisations professionnelles comme synonyme de suppressions d’emplois, de désertification pharmaceutique et de rationnement des soins. Elles rappellent qu’un grand nombre de pharmacies, particulièrement les plus petites, dépendent fortement des remises pour fonctionner et qu’elles ne pourraient absorber une perte sans licencier. Ces officines de proximité assurent l’essentiel du maillage et l’accès aux soins dans les territoires, plaçant l’emploi au cœur des inquiétudes.
Dans leur communication, les fédérations FSPF, Uspo, UNPF, Federgy et UDGPO soulignent que leurs effectifs et le réseau de pharmacies couvrent des millions de patients chaque année. En cas de diminution des ressources, les conséquences pourraient se traduire par une réduction de l’offre de services ou, worst-case, par la fermeture définitive de certaines structures.
Grève du tiers payant et plan d’action
Face à la situation, les représentants des pharmaciens et les groupements de pharmacies ont décidé d’amplifier la mobilisation à partir du 1er septembre. Le plan d’action commun prévoit plusieurs volets destinés à peser sur les décisions publiques et à protéger le rôle des pharmacies de proximité.
- la poursuite de la grève des gardes et l’organisation de la permanence pharmaceutique
- la grève immédiate du tiers payant conventionnel pendant les réquisitions
- la fermeture complète des pharmacies le 18 septembre 2025
- la fermeture complète des pharmacies tous les samedis à compter du 27 septembre 2025
- d’éventuelles actions complémentaires visant les missions remplies en pharmacie (grève de la préparation des piluliers dans les EHPAD à compter du 10 septembre)