Le Maroc tient sa liste pour la Coupe du monde 2026 : 26 joueurs, une ossature de très haut niveau, des absences qui feront parler et un signal clair envoyé au reste du tournoi. Les Lions de l’Atlas ne veulent plus être regardés comme l’équipe romantique de 2022, mais comme une sélection installée, structurée, capable de viser loin sans se cacher derrière le souvenir de son exploit qatari.
Autour d’Achraf Hakimi, Yassine Bounou, Noussair Mazraoui, Sofyan Amrabat et Brahim Diaz, le groupe combine expérience européenne, puissance défensive et paris plus jeunes. Ayyoub Bouaddi, retenu au milieu, incarne cette volonté de ne pas figer l’équipe dans le passé.
La liste complète du Maroc pour le Mondial 2026
Gardiens
- Yassine Bounou (Al-Hilal)
- Munir El Kajoui (RS Berkane)
- Ahmed Reda Tagnaouti (AS FAR)
Défenseurs
- Noussair Mazraoui (Manchester United)
- Anass Salah-Eddine (PSV Eindhoven)
- Youssef Belammari (Al Ahly)
- Nayef Aguerd (Marseille)
- Chadi Riad (Crystal Palace)
- Issa Diop (Fulham)
- Redouane Halhal (KV Mechelen)
- Achraf Hakimi (PSG)
- Zakaria El Ouahdi (Genk)
Milieux
- Samir El Mourabet (Strasbourg)
- Ayyoub Bouaddi (Lille)
- Neil El Aynaoui (AS Roma)
- Sofyan Amrabat (Real Betis)
- Azzedine Ounahi (Girona)
- Bilal El Khannouss (Stuttgart)
- Ismael Saibari (PSV Eindhoven)
Attaquants
- Abde Ezzalzouli (Real Betis)
- Chemsdine Talbi (Sunderland)
- Soufiane Rahimi (Al Ain)
- Ayoub El Kaabi (Olympiacos)
- Brahim Diaz (Real Madrid)
- Yassine Gessime (Strasbourg)
- Ayoube Amaimouni (Eintracht Frankfurt)
Pourquoi cette liste change le statut du Maroc
En 2022, le Maroc avait surpris le monde. En 2026, il sera attendu. Cette différence change tout : la préparation, le regard des adversaires, la pression médiatique et même les choix de composition. Une équipe qui a déjà battu ou fait trembler des puissances européennes ne peut plus espérer être sous-estimée.
Cette liste répond à cette nouvelle réalité. Elle garde les joueurs capables de gérer un match à tension maximale, mais elle ajoute assez de profils neufs pour éviter l’effet musée. La présence de Bouaddi, El Aynaoui, Talbi ou Gessime montre que le Maroc prépare aussi l’après, sans sacrifier l’objectif immédiat.
Hakimi, Bounou, Brahim Diaz : les trois piliers les plus visibles
Hakimi reste la pièce la plus spectaculaire. Par sa vitesse, sa qualité de centre, son volume et sa capacité à jouer presque comme un ailier, il donne au Maroc une arme rare dans le football international. Son couloir droit peut devenir une rampe de lancement, mais aussi une zone à protéger avec intelligence.
Bounou apporte une autre forme de pouvoir : le calme. Dans un tournoi où une séance de tirs au but ou une seule parade peut décider d’un destin, le gardien d’Al-Hilal garde une valeur immense. Brahim Diaz, lui, porte la clé créative. S’il trouve sa liberté entre les lignes, le Maroc devient plus qu’un bloc solide : il devient une équipe capable de faire mal avec le ballon.
Un milieu plus profond, moins prévisible
Le cœur du jeu est peut-être le secteur le plus intéressant. Amrabat donne le socle, Ounahi la conduite, El Khannouss la créativité, Saibari la projection, Bouaddi l’énergie, El Aynaoui l’impact et El Mourabet une option supplémentaire. Ce n’est pas une simple addition : c’est une boîte à outils.
Face au Brésil, le Maroc pourra chercher la densité. Face à une équipe plus physique, il pourra durcir l’axe. Face à un bloc bas, il aura besoin de joueurs capables de recevoir entre les lignes. Cette variété donne à Ouahbi une marge que toutes les sélections n’ont pas.
Une attaque remodelée sans En-Nesyri ni Ziyech
Les absences de Youssef En-Nesyri et Hakim Ziyech constituent le choix le plus commenté. Le premier apportait une présence dans la surface et un jeu aérien de référence. Le second représentait longtemps la touche technique capable de renverser un match sur une passe ou un coup de pied arrêté.
Le Maroc opte ici pour une attaque plus mobile : El Kaabi, Rahimi, Ezzalzouli, Talbi, Gessime, Amaimouni et Brahim Diaz offrent des courses, de la vitesse et plusieurs profils de rupture. Le risque existe : moins d’automatismes, moins de références historiques. Mais le bénéfice est réel : plus de mouvement et moins de dépendance à une seule formule.
Ce qu’il faut retenir avant le premier match
Combien de joueurs compte la liste ?
Le groupe marocain compte 26 joueurs, répartis entre trois gardiens, neuf défenseurs, sept milieux et sept attaquants.
Qui est le joueur clé ?
Hakimi reste le joueur qui change le plus l’équilibre de l’équipe. Mais Bounou et Brahim Diaz seront presque aussi importants : le premier pour survivre aux moments faibles, le second pour transformer les temps forts en buts.
Le Maroc peut-il aller loin ?
Oui, si l’équipe conserve sa discipline défensive et trouve une animation offensive plus régulière qu’en 2022. Le talent est là, la profondeur aussi. Le défi sera de gérer le statut d’équipe attendue.
Notre analyse : une liste de transition ambitieuse
Le Maroc a choisi une voie exigeante : respecter ses cadres sans rester prisonnier de son passé. Cette liste ne cherche pas à rejouer exactement Qatar 2022. Elle essaie de construire un groupe capable de répondre à plusieurs types de matchs, avec plus de profondeur au milieu et davantage de mobilité devant.
C’est une sélection qui peut séduire, mais aussi frustrer si l’animation offensive manque de clarté. Tout dépendra de l’équilibre autour de Hakimi, de la liberté donnée à Brahim Diaz et de la capacité du milieu à protéger les transitions. Si ces trois leviers fonctionnent, le Maroc aura les moyens de confirmer qu’il n’est plus une surprise, mais une vraie puissance de tournoi.
