Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a approuvé un plan présenté par le chef du Service de sécurité d’Ukraine (SBU) prévoyant une opération d’influence de 40 jours destinée à contraindre la Russie à mettre fin à la guerre. Au même moment, vendredi 26 juin, les autorités d’occupation russes en Crimée ont déclaré l’état d’urgence face à la multiplication des attaques de drones ukrainiens sur la péninsule.
Un plan du SBU présenté à Zelensky
L’annonce a été faite par le président Zelensky lui-même, après une rencontre avec le chef du SBU, le major général Ievhen Khmara, à qui il a demandé un rapport sur les plans de sanctions à longues et moyennes portées de l’Ukraine. Zelensky a parlé d’une « opération d’influence contre l’État agresseur visant à le contraindre à mettre fin à la guerre », tout en soulignant que « depuis plusieurs mois d’affilée, le SBU affiche les meilleurs résultats pour défendre les positions de l’Ukraine sur la ligne de front grâce à l’utilisation de différents types de drones ».
La durée annoncée — 40 jours — donne une indication claire du calendrier dans lequel l’Ukraine entend agir. Sans en détailler les modalités, Zelensky a confirmé que la planification opérationnelle restait strictement confidentielle, tout en laissant entendre que la pression serait à la fois militaire et économique, par le canal des sanctions.
Crimée : l’état d’urgence déclaré par les autorités d’occupation
En parallèle, la Crimée occupée et annexée par la Russie depuis 2014 a basculé en état d’urgence vendredi. Les autorités installées par Moscou justifient cette décision par l’intensité des attaques de drones ukrainiens sur la péninsule et sur les infrastructures militaires russes installées dans la région. Selon la défense russe, 660 drones ukrainiens ont été interceptés au cours de la seule journée.
La déclaration d’état d’urgence donne aux autorités d’occupation un cadre légal pour mobiliser des moyens supplémentaires, restreindre les déplacements et renforcer la sécurité des sites sensibles. Elle traduit aussi un signal politique : la péninsule, présentée depuis 2014 comme un bastion sécurisé de la Russie en mer Noire, est désormais considérée comme exposée par Moscou elle-même.
La ligne de front sous pression des drones
L’opération pilotée par le SBU s’inscrit dans une séquence où les drones sont devenus l’arme de pression privilégiée de Kyiv. Ces appareils, produits en Ukraine en quantités croissantes, permettent de frapper en profondeur, à coût réduit, et de saturer les défenses anti-aériennes russes. Le SBU, service aux prérogatives à la fois militaires et de renseignement, coordonne ces frappes avec les forces armées régulières.
L’effet recherché est double : d’une part, peser sur l’économie de guerre russe en imposant un coût constant de défense et de reconstruction ; d’autre part, démontrer que la pression peut être maintenue dans la durée, argument utile dans toute négociation à venir.
Biélorussie : Loukachenko reste une menace, selon Tikhanovskaïa
Dans un entretien à l’Agence France-Presse publié vendredi, l’opposante biélorusse en exil Svetlana Tikhanovskaïa a estimé que la Biélorussie resterait une menace pour l’Ukraine tant que le président Alexandre Loukachenko restera au pouvoir. Kiev met en garde depuis plusieurs mois contre un engagement plus poussé de la Biélorussie dans la guerre, et souligne l’intensification des attaques russes contre le nord de l’Ukraine, près de la frontière biélorusse.
Le couplage entre l’opération de 40 jours côté ukrainien, l’état d’urgence côté criméen et la vigilance biélorusse dessine une configuration régionale où plusieurs théâtres s’activent en parallèle. L’enjeu, pour Kyiv, est de tenir simultanément ces fronts sans disperser ses moyens.
Sources
- Euronews — Ukraine lance une opération de 40 jours pour obliger la Russie à mettre fin à la guerre
- 20 Minutes (AFP) — Guerre en Ukraine : La Russie décrète l’état d’urgence en Crimée après des attaques ukrainiennes
- La Dépêche — Guerre en Ukraine : quelle est cette opération de 40 jours annoncée par Volodymyr Zelensky
