Les défaillances d’entreprises restent à un niveau élevé en France. Au deuxième trimestre 2026, 17 486 procédures ont été ouvertes, soit 5,4 % de plus qu’un an auparavant. Le nouveau bilan trimestriel donne aussi un repère important pour lire la situation : le nombre d’emplois menacés, lui, recule sur un an.
Un deuxième trimestre encore orienté à la hausse
Depuis janvier, 37 700 entreprises ont fait l’objet d’une défaillance. Deux sur trois ont été directement placées en liquidation, et le total semestriel dépasse de 1 500 unités celui de la même période de 2025. Ces chiffres décrivent des ouvertures de procédures ; ils ne préjugent pas, à eux seuls, de l’issue de chaque dossier.
Les très petites structures en première ligne
Le bilan met particulièrement en avant les très petites entreprises et les jeunes sociétés. Cette concentration éclaire l’écart entre la progression du nombre de procédures et le recul du volume d’emplois menacés : le nombre de dossiers augmente, mais les entreprises concernées ne portent pas toutes les mêmes effectifs.
Pour les dirigeants, salariés, fournisseurs et collectivités, l’enjeu est donc double : suivre le volume des procédures, qui renseigne sur la diffusion des difficultés, et l’évolution de l’emploi menacé, qui mesure une autre dimension de leur impact immédiat. Aucun de ces deux indicateurs ne permet à lui seul de conclure sur la trajectoire de l’activité nationale.
Une conjoncture qui envoie des signaux contrastés
L’enquête de début juillet de la Banque de France décrit une activité raffermie en juin dans l’industrie et un rebond dans les services marchands comme dans le bâtiment. L’institution évalue la progression du PIB du deuxième trimestre à 0,2 %. Elle relève toutefois une très légère dégradation de la trésorerie dans les services et des carnets de commandes encore dégradés dans le bâtiment.
Du côté des prix, l’inflation a ralenti à 1,8 % sur un an en juin, après 2,4 % en mai. L’indice des prix à la consommation a baissé de 0,3 % sur le mois. Ces données ne suffisent pas à expliquer les défaillances recensées au trimestre : elles situent simplement les résultats des entreprises dans un environnement où l’activité, les coûts et les trésoreries n’évoluent pas de la même manière selon les secteurs.
Ce que les prochaines publications permettront de préciser
Les enquêtes de conjoncture de juillet préciseront la tenue de l’activité pendant l’été, notamment dans le bâtiment et les services. Les prochaines données sur les procédures collectives diront, elles, si la hausse observée au deuxième trimestre se prolonge et si le profil des entreprises concernées évolue. C’est ce croisement, plutôt qu’un seul chiffre, qui permettra de mieux apprécier la situation des entreprises françaises.
