L’année 2025 a été marquée par une instabilité politique croissante en France. Les événements se sont succédé à un rythme soutenu et ont mis à rude épreuve la confiance des citoyens envers les institutions. Le paysage politique a été secoué par des affaires, des remaniements et des tensions budgétaires qui ont occupé le devant de la scène tout au long de l’année.

Le séisme Bétharram a constitué un épisode majeur. Cet établissement privé lié à François Bayrou a été associé à des accusations de violences, révélant des dérives présumées et un réseau d’influence. La réponse officielle a été jugée confuse et contradictoire, alimentant les critiques internes et externes sur le traitement de l’affaire. Une commission d’enquête parlementaire a été lancée et a fragilisé davantage le gouvernement.
La foudre est ensuite tombée sur Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN. Le tribunal l’a condamnée à quatre ans de prison, dont deux ferme, et à une amende de 100 000 €, accompagnée de cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. La décision a été perçue par ses soutiens comme une accusation de justice politique et elle a alimenté les polémiques autour de l’indépendance des institutions. Le RN a réagi en dénonçant une justice instrumentalisée et en appelant à la mobilisation de ses sympathisants.
Sur le plan personnel, Nicolas Sarkozy a été condamné le 25 septembre à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt dans l’affaire du financement libyen. Cette condamnation a relancé les débats sur les dérives possibles du financement des partis et sur l’indépendance du système judiciaire. Ses partisans ont dénoncé une instrumentalisation, tandis que ses détracteurs y voyaient une suite logique des affaires qui ont marqué sa carrière politique.
Le 5 octobre, Sébastien Lecornu a annoncé la composition d’un nouveau gouvernement, largement constitué de macronistes. Bruno Retailleau, reconduit au poste des Armées, a émis des critiques publiques qui ont suscité une tension interne. En réaction, Lecornu a démissionné puis a été nommé à Matignon à nouveau quelques jours plus tard. Le remaniement a été accompagné d’efforts pour négocier avec les socialistes et éviter un usage abusif du 49-3.
Malgré ces changements, le budget est resté au cœur des tensions. Le 9 décembre, le budget de la sécurité sociale a été adopté par un vote positif, mais les divergences entre députés et sénateurs ont empêché un accord global sur le budget de l’État. La Commission mixte paritaire a échoué peu après, prolongeant l’incertitude budgétaire. En conséquence, le gouvernement a dû recourir à une loi spéciale et renoncer à certaines mesures budgétaires controversées.
La fin d’année a été marquée par une atmosphère de tension persistante et par l’absence d’un budget adopté dans les temps. Le président a pris la parole pour les vœux, mais les marges de manœuvre restent faibles et les perspectives pour 2026 demeurent incertaines. Le paysage politique français apparaît toujours en mouvement, avec des débats sur l’organisation des pouvoirs et la place des réformes à venir.