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    La Tara Polar Station : Mission scientifique en Arctique

    France, Norvège

    La Tara Polar Station se prépare à une aventure scientifique hors du commun en Arctique. Soutenue par Thomas Pesquet, qui la qualifie d’« ovni de la science », cette station polaire flottante prendra bientôt la mer pour une mission de vingt ans dédiée à l’étude approfondie de l’océan Arctique et de sa biodiversité unique.

    Un navire scientifique innovant et singulier

    La Tara Polar Station, conçue par la Fondation Tara Océan, se distingue par sa forme ovale évoquant une grosse bouée en aluminium, mais surtout par ses objectifs scientifiques inédits. Après son baptême à Lorient, dans le Morbihan, elle quittera son port d’attache pour s’aventurer dans les eaux glaciales de l’Arctique. Son mode d’opération est original : le navire se laissera emprisonner dans la banquise et dérivera avec la glace pour étudier l’océan polaire en profondeur sur plusieurs saisons successives.

    Cette approche permet de collecter des données sur la longue durée, avec des missions prévues pour durer dix-huit mois chacune, dont quatorze passés à dériver dans la glace. Répéter ce parcours sur deux décennies vise à construire des modèles fiables d’évolution de cet écosystème fragile.

    Un environnement arctique encore peu exploré

    L’Arctique est une zone quasi-inexplorée scientifiquement en raison de ses conditions extrêmes et de son accès difficile. Romain Troublé, directeur général de la Fondation Tara Océan, rappelle que seules quatre grandes missions y ont été menées, aucune durant plus de deux mois par an, principalement en été, sur des brise-glace peu équipés pour la biologie marine. Comme le souligne Thomas Pesquet, « on en a beaucoup plus fait dans l’espace que dans cet océan Arctique ».

    Les températures hivernales peuvent descendre jusqu’à -50°C, avec une alternance de six mois de jour permanent et six mois de nuit polaire. La banquise, mouvante et fragmentée, dérive sous l’action des vents dominants, un phénomène complexe que la Tara Polar Station est spécifiquement adaptée à affronter pour mener ses observations.

    Un écosystème riche et méconnu

    La biodiversité arctique, jusqu’ici largement inexplorée, est au cœur des recherches de la station. Les scientifiques estiment n’avoir découvert qu’environ 10 % des espèces présentes. La glace de mer, bien qu’extrême, est loin d’être stérile : elle contient de nombreux trous et bulles qui abritent micro-organismes et microalgues.

    Marcel Babin, responsable scientifique du projet, décrit ce milieu comme une véritable oasis sous la banquise, où une diversité d’organismes fixés cohabitent avec de nombreux animaux marins. L’océan Arctique, malgré ses basses températures, est ainsi un milieu vivant étonnant et dynamique.

    Les chercheurs s’interrogent notamment sur les mécanismes d’adaptation de ces formes de vie aux variations extrêmes de lumière et de température, ainsi que sur leur capacité à survivre pendant la longue nuit polaire. Romain Troublé évoque la « magie du vivant », capable d’hiberner et de reprendre son activité au premier rayon de soleil.

    Sentinelle face au réchauffement climatique

    L’étude de l’Arctique est d’autant plus cruciale que cette région est l’une des plus affectées par le réchauffement climatique. La température y augmente trois à quatre fois plus vite que la moyenne mondiale, provoquant une perte de 70 % du volume de la banquise en cinquante ans. L’épaisseur moyenne de la glace est passée de trois mètres dans les années 1970-1980 à seulement un mètre aujourd’hui.

    Selon Romain Troublé, la fonte progressive de la glace, qui couvre actuellement 5 millions de kilomètres carrés, entraîne une absorption accrue de la chaleur solaire par l’océan, aggravant le réchauffement. La question centrale est désormais de savoir comment les écosystèmes marins arctiques s’adapteront à ces bouleversements.

    La Tara Polar Station jouera un rôle clé pour mieux comprendre ces transformations, en étudiant non seulement les effets du changement climatique mais aussi la pollution et les diverses pressions humaines sur cet écosystème. Les données collectées permettront d’affiner les prévisions climatiques et météorologiques en Europe jusqu’en 2050, contribuant à une meilleure compréhension globale du fonctionnement de la planète.

    Une mission internationale pour un défi scientifique majeur

    La première expédition, nommée Tara Polaris 1, est prévue pour 2026 et mobilisera une collaboration internationale rassemblant 30 laboratoires et 50 scientifiques issus de 12 pays différents. Avant cette grande aventure, la Tara Polar Station effectuera une série de tests techniques en mer dès juin, suivis d’un baptême dans la glace au cours de l’été au large du Svalbard, en Norvège.

    Tara Polar Station en Arctique

    source:https://www.20minutes.fr/planete/4150711-20250503-sentinelle-climat-bassin-vie-arctique-ocean-fascinant-ur-missions-tara-polar-station?at_medium=display&at_campaign=149

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