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    Syrie et France demandent au Liban l’arrestation de Jamil Hassan

    Liban, Syrie, France, Allemagne, États-Unis

    La Syrie et la France ont demandé au Liban d’arrêter l’ancien directeur du renseignement aérien syrien Jamil Hassan, accusé de crimes de guerre et considéré comme l’architecte d’une campagne de répression collective menée par le régime de Bachar al‑Assad après les manifestations de 2011, rapporte le Wall Street Journal. Selon le quotidien américain, Hassan serait présent sur le sol libanais, mais son emplacement précis reste incertain.

    Demandes d’arrestation et mandats internationaux

    Un responsable français a confirmé que Paris et Damas ont officiellement requis que Beyrouth procède à l’arrestation de Jamil Hassan. Hassan est condamné par contumace en France pour son rôle dans des actes qualifiés de crimes contre l’humanité.

    Il fait également l’objet d’un mandat d’arrêt en Allemagne et est recherché par le FBI pour son implication présumée dans l’enlèvement et la torture de ressortissants américains. Ces demandes interviennent alors que les autorités libanaises disent ne pas disposer d’informations confirmées sur sa localisation.

    Situation au Liban et incertitudes

    Selon un haut responsable judiciaire libanais cité par le journal, le gouvernement ne dispose pas de preuves fiables situant Hassan au Liban, pays où plusieurs anciens responsables des renseignements du régime semblent recréer un réseau de soutien.

    Jamil Hassan aurait fui la Syrie après la chute du régime de Bachar al‑Assad, le 8 décembre 2024, mais son lieu de cachette demeure inconnu, alimentant les spéculations et les inquiétudes des États et organisations internationales.

    « Ingénierie » de la répression

    Le service de renseignement aérien syrien a longtemps été décrit comme le plus brutal et le plus secret des principaux services de sécurité du régime. Jamil Hassan en a pris la tête en 2009 et, selon des documents internes, il a joué un rôle central dans la planification de la répression à partir de 2011.

    Ces documents, présentés au Wall Street Journal par d’anciens responsables, montrent que les autorités avaient préparé une campagne combinant désinformation et usage massif de la force pour étouffer les manifestations.

    • Sièges des lieux de rassemblement et encerclement des manifestants.
    • Déploiement de snipers avec consigne de masquer la source des tirs.
    • Ordre explicite d’éviter, selon la planification, des tueries massives susceptibles d’être clairement attribuées à l’État.

    La stratégie évoquait notamment l’idée « de faire comme votre père à Hama », en référence à la répression meurtrière menée sous Hafez al‑Assad à Hama en 1982 (voir fiche sur Hafez al‑Assad : https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2014/10/20/%D8%AD%D8%A7%D9%81%D8%B8-%D8%A7%D9%84%D8%A3%D8%B3%D8%AF).

    Atrocités, tribunaux de fortune et fosses communes

    Jamil Hassan est accusé d’avoir ordonné ou supervisé des tirs à balles réelles contre des manifestants pacifiques. Des documents recueillis par des commissions d’enquête font état d’ordres directs visant à ouvrir le feu sur des foules civiles.

    En 2012, la ville de Daraya a subi une campagne particulièrement violente : chars d’assaut accompagnés des services du renseignement aérien ont procédé à des arrestations massives suivies de tortures systématiques. Le service disposait, selon des enquêtes, d’un tribunal militaire de campagne à Mazzé qui prononçait des peines de mort ou ordonnait l’envoi vers la prison tristement célèbre de Sednaya (https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2016/7/30/%D8%B3%D8%AC%D9%86-%D8%B5%D9%8A%D8%AF%D9%86%D8%A7%D9%8A%D8%A7-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B9%D8%A7%D9%86%D8%A7%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%86%D8%B3%D9%8A%D8%A9-%D9%81%D9%8A-%D8%A3%D8%B3%D9%88%D8%A3).

    Le Centre syrien pour la justice et la responsabilité, basé à Washington, a identifié une fosse commune rattachée au service des forces aériennes, sur la base d’images satellite et d’inspections effectuées après la chute du régime.

    Le ministère de la Justice des États‑Unis accuse Hassan d’avoir orchestré des pratiques de torture comprenant notamment :

    • flagellation avec des tuyaux,
    • arrachage des ongles des orteils,
    • battements jusqu’à l’incapacité de se tenir debout,
    • fracturation ou écrasement de dents,
    • brûlures au cigarette et à l’acide.

    Parmi les victimes signalées figuraient des citoyens américains et des binationaux.

    Contexte juridique et politique

    Les accusations contre Jamil Hassan s’inscrivent dans un ensemble plus large de poursuites visant des responsables syriens pour des crimes contre l’humanité (voir définition : https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2015/5/19/%D8%A7%D9%84%D8%AC%D8%B1%D8%A7%D8%A6%D9%85-%D8%B6%D8%AF-%D8%A7%D9%84%D8%A5%D9%86%D8%B3%D8%A7%D9%86%D9%8A%D8%A9).

    La demande conjointe adressée au Liban par Damas et Paris soulève des questions diplomatiques sensibles, alors que Beyrouth tente d’équilibrer pressions internationales et réalités internes. La présence alléguée d’anciens cadres sécuritaires syriens au Liban complique davantage la situation régionale.

    Répercussions possibles

    Si le Liban procédait à l’arrestation de Jamil Hassan, cela pourrait déclencher des réactions politiques et judiciaires à l’échelle internationale, notamment de la part des pays ayant émis des mandats ou enquêtes.

    En l’absence de confirmation sur sa localisation, les demandes d’arrestation restent difficiles à appliquer sur le terrain, tandis que les proches du dossier appellent à une coopération régionale renforcée pour traduire en justice les responsables présumés de crimes graves.

    source:https://www.aljazeera.net/news/2025/12/12/%d9%81%d8%b1%d9%86%d8%b3%d8%a7-%d9%88%d8%b3%d9%88%d8%b1%d9%8a%d8%a7-%d8%aa%d8%b7%d8%a7%d9%84%d8%a8%d8%a7%d9%86-%d9%84%d8%a8%d9%86%d8%a7%d9%86-%d8%a8%d8%a7%d8%b9%d8%aa%d9%82%d8%a7%d9%84

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