Dans son nouveau numéro de juin 2025, l’association 60 Millions de consommateurs s’est penchée sur les épices, notamment les poivres, cannelles, currys et herbes de Provence. Si ces épices restent un bon moyen de réduire l’usage du sel, elles ne sont pas toujours synonymes de qualité et de propreté irréprochables.
Les épices permettent de limiter l’apport en sel, ce qui peut aider à prévenir l’hypertension, les maladies cardiaques et la rétention d’eau. Nombre de ces produits sont également riches en bienfaits antioxydants et peuvent rehausser les plats sans recourir systématiquement au sel.
Des résidus de pesticides dans les poivres : un panorama mitigé
D’après l’enquête, les experts ont analysé 40 références regroupant currys, poivres, cannelles et herbes de Provence, en évaluant la qualité microbiologique, la présence de résidus de pesticides, la teneur en huiles essentielles, l’humidité, les cendres totales et insolubles, ainsi que des analyses spécifiques par produit.
Pour les poivres, le constat n’est pas entièrement réjouant : deux tiers des poivres testés affichent entre un résidu et cinq résidus de pesticides. Certaines références présentent des problématiques particulières sur la qualité microbiologique, et deux pesticides sont interdits par l’Union européenne : l’imidaclopride dans six poivres et le thiaméthoxame dans deux poivres (Cigalou, Épicéa).
- Poivre noir moulu Épicéa : 9/20
- Poivre noir moulu €co+ (E.Leclerc) : 11,3/20
- Poivre noir moulu Cigalou (Intermarché) : 11,4/20
Ce classement bas reflète en partie une teneur élevée en pesticides qui contribue à les placer en bas du palmarès.
Qualité aromatique et teneur en huiles essentielles
À l’exception du produit €co+, les poivres moulus analysés contiennent au moins 1 % d’huiles essentielles, une valeur jugée insuffisante pour garantir une bonne qualité aromatique par les experts. En effet, trois références parviennent à décrocher un « Très bon » grâce à des teneurs en huiles essentielles supérieures ou égales à 2,3 %.
Les tests mesurent également la pipérine, l’alcaloïde donnant le piquant du poivre. L’un des produits, l’Épicéa, est en deçà de la valeur recommandée de 3,5 % pour la pipérine, ce qui impacte directement la sensation en bouche.
Concernant les aspects économiques, des prix élevés peuvent favoriser les pratiques de fraude, notamment par l’ajout de substances de charge peu coûteuses comme l’amidon. Pour les poivres moulus, les résultats ne révèlent pas de fraude détectable; les teneurs en amidon restent compatibles avec la présence naturelle dans le grain.
