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    Pourquoi l’Europe redoute le retour de Trump à la Maison-Blanche

    Pourquoi l’Europe redoute le retour de Trump à la Maison-Blanche

    L’ancien homme d’affaires Donald Trump, devenu homme politique, place généralement l’aspect financier au sommet des priorités des hommes d’affaires, qu’il s’agisse de relations légitimes, qu’elles soient d’ordre humanitaire ou politique, l’argent et l’économie étant les éléments clés à ses yeux.

    Trump semble incarner la théorie de la « transactionnalisation » de Luttwak, estimant que la valeur d’un individu se mesure à sa production de biens et à ses gains financiers, considérant les êtres humains comme de simples marchandises. Durant son mandat, Trump remettait en question l’utilité des « alliances américaines » traditionnelles, adoptant un point de vue strictement financier : combien coûtent les alliés aux États-Unis?

    Le paiement pour la protection

    À 77 ans, Trump n’a jamais caché sa réticence envers l’OTAN, accusant les 28 États membres européens de ne pas respecter leurs obligations en matière de dépenses militaires, considérant qu’ils peuvent compter sur les États-Unis comme bouclier défensif. Cependant, il n’a jamais montré une compréhension adéquate du financement de l’OTAN, la qualifiant à tort de « club vivant des cotisations « .

    Lors d’une entrevue sur la chaîne « GB News », Trump s’interrogeait : « Pourquoi devrions-nous protéger ces pays qui disposent de grosses réserves financières, tandis que les États-Unis supportent la majorité des coûts de l’OTAN? »

    Il a dénigré les alliés européens, affirmant : « Le retrait des troupes d’Europe permettra à ce pays d’économiser des millions de dollars chaque année ». Il a clairement menacé plusieurs fois de se retirer de l’OTAN, fondée il y a soixante-dix ans, restant un pilier central de l’intérêt américain pendant toutes ces sept décennies, que ce soit sous les démocrates ou les républicains.

    Lors d’un discours électoral en Caroline du Sud ces derniers jours, Trump a de nouveau averti que certains alliés des États-Unis ne contribuaient pas suffisamment à leurs obligations en matière de défense nationale. Il a raconté comment, en tant que président à un allié non nommé, il aurait dit : « Si tu ne paies pas, tu transgresses? Non, je ne te protégerai pas… Tu dois payer. Tu dois payer tes factures. » Cette déclaration a été accueillie par des acclamations de l’audience.

    Position radicale

    Dans le cadre de sa politique « America First », Trump a réévalué de nombreuses obligations internationales antérieures des États-Unis, notamment le retrait de partenariats dans le Pacifique, du traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire, du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, de l’UNESCO, de l’accord de Paris, et a encouragé les alliés de l’OTAN à accroître le partage du fardeau.

    Pour atténuer l’impact de son positionnement radical envers l’OTAN, Trump a déclaré, le 19 mars dernier, que ses déclarations minimisant son engagement envers l’OTAN n’étaient qu’une tactique de négociation visant à inciter les États membres à contribuer davantage pour la défense collective de l’alliance.

    Création d’une armée européenne

    Le colonel Alexander Vindman a averti que la victoire de Trump en 2024 marquerait probablement la fin du soutien américain à l’Ukraine, affirmant que sans le soutien des États-Unis, l’Ukraine pourrait être contrainte de négocier la cession de territoires à Poutine, donnant à ce dernier une victoire de grande importance.

    Trump aurait déclaré à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en 2020, selon Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur : « Si l’Europe est attaquée, nous ne viendrons jamais vous aider ni vous soutenir ». Il accuse les Européens de compter sur l’armée américaine pour leur protection, et si jamais il décide de rompre la couverture de sécurité, le bloc de 27 pays, sans force unifiée, pourrait se retrouver sans défense face à la Russie.

    Alors que Macron et d’autres évoquent les mesures de sécurité collective, il sera difficile pour l’Europe de combler les lacunes en l’absence de la puissance militaire américaine.

    Opinion et législation

    Pour garantir le maintien de l’alliance transatlantique en toute circonstance, les sénateurs Tim Kaine et Marco Rubio ont proposé une législation, déjà approuvée par le Sénat, visant à empêcher tout président américain de se retirer de l’OTAN. Cependant, il est incertain si cette mesure résisterait à un autre défi légal en cas de réélection de Trump.

    Les points de vue exprimés dans l’article ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale du réseau Al Jazeera.

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