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    Efficacité des CEE : la Cour des comptes tire la sonnette d’alarme

    France

    Les économies d’énergie en France : un dispositif à revoir

    La Cour des comptes a récemment émis de vives critiques à l’égard du système des certificats d’économie d’énergie (CEE) en France, jugé trop complexe et inefficace. Malgré des intentions louables pour réduire la consommation énergétique, ce mécanisme nécessite une refonte en profondeur.

    Un bilan mitigé sur la consommation d’énergie

    Depuis plus de dix ans, la France a mis en place une politique d’incitation fiscale pour encourager les travaux d’économies d’énergie dans les logements principaux. Les actions menées grâce aux CEE auraient permis, sur le papier, une réduction de 6,5 % de la consommation d’énergie entre 2014 et 2020. Toutefois, ce chiffre ne refléterait pas pleinement la réalité, selon les experts.

    Un système devenu trop complexe

    Initialement instauré en 2005, le mécanisme des CEE impose aux fournisseurs d’électricité, de gaz ou de carburant de soutenir des actions d’économies d’énergie en échange de certificats. Ce processus, qui semblait simple au départ, s’est rapidement complexifié avec l’ajout de nombreuses mesures telles que l’isolation des bâtiments, le changement de chaudières et la récupération de chaleur industrielle.

    Une taxe déguisée pour les ménages

    Matthieu Glachant, économiste et professeur à Mines ParisTech, souligne que l’État a élargi le dispositif pour éviter de nouvelles dépenses budgétaires. Depuis 2018, plus de 280 textes réglementaires ont modifié ses modalités, rendant les CEE « multiples et instables ». La Cour des comptes dénonce également le manque de preuve concernant les économies réelles réalisées.

    Selon le rapport, les économies annoncées pour 2022-2023 pourraient être surestimées de 30 %. Une grande partie des certificats émis n’aurait pas de lien direct avec les économies d’énergie, et la méthode de comptabilisation actuelle favorise les approximations. De plus, lorsque les travaux sont bien réalisés, ils entraînent parfois une hausse de la consommation énergétique, phénomène désigné comme effet rebond.

    Un dispositif coûteux pour les consommateurs

    Malgré son inefficacité, ce mécanisme coûte cher. Entre 2022 et 2023, le coût total du système a atteint près de 6 milliards d’euros, dont la charge pèse principalement sur les ménages et les entreprises du secteur tertiaire. Les fournisseurs d’énergie répercutent en effet le coût des certificats dans leurs prix, créant ainsi une sorte de taxe déguisée. En 2023, chaque ménage a contribué en moyenne à hauteur de 164 € au financement de ce dispositif.

    Vers une réforme nécessaire

    Pour corriger les défauts du système, la Cour des comptes plaide pour une réforme complète. Si l’État veut maintenir le dispositif, il doit être simplifié et ses résultats mesurés de manière transparente. Les auteurs du rapport suggèrent également de se concentrer sur des bénéficiaires professionnels pour garantir des économies d’énergie réellement mesurables.

    Enfin, la nécessité d’intégrer plus de transparence dans le système est primordiale. Un encadrement par le Parlement, intégrant les objectifs de réduction de la consommation d’énergie dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), pourrait apporter davantage de stabilité au dispositif. Si les anomalies persistent, la suppression du mécanisme pourrait même être envisagée, à l’image de ce qui a été décidé au Danemark.

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