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    Alerte à la famine à Gaza : Conditions de vie désastreuses

    Palestine

    Alerte à la famine à Gaza : Conditions de vie désastreuses

    Gaza – Samaher Al-Chanbari, une mère de famille de 47 ans, montre le corps affaibli de son plus jeune enfant, Mahmoud, âgé de 7 ans. Avec des yeux pleins de désespoir, elle déclare : « Nous sommes épuisés, nos corps se sont effondrés. » En raison de la mauvaise nutrition, elle a été contrainte de consulter des médecins au complexe médical de Nasser, près de l’école où elle vit, à l’ouest de la ville de Khan Younès, au sud de la bande de Gaza.

    Samaher élève seule trois enfants : le plus âgé, Ahmed, a 19 ans, suivi d’Ibrahim, 14 ans, et enfin Mahmoud, le benjamin. Sa fille unique, Sabrine, 20 ans, vit avec son mari.

    Après la mort de son mari, Samaher a fait le choix de consacrer sa vie à l’éducation de ses enfants. Avec le déclenchement de la guerre, elle a été déplacée huit fois, allant de Beit Hanoun, au nord de la bande de Gaza, jusqu’à Rafah, au sud.

    « Nous vivions une vie simple et stable », raconte-t-elle à Al Jazeera. « Nous étions satisfaits de notre existence, mais la guerre a tout changé. Nous avons perdu notre maison, sommes devenus des réfugiés, et mes économies ont été utilisées pour payer les transports, passant des jours dans les rues et sur la plage. »

    Samaher et sa famille n'ont pas goûté aux légumes ni à la viande fraîche depuis des mois.

    Conditions alarmantes de vie et de nutrition

    Suite à l’invasion terrestre israélienne de Rafah en mai dernier, cette mère et ses trois enfants ont fui vers une zone de stockage de l’UNRWA au nord-ouest de la ville. Ils ont miraculeusement échappé à un massacre perpétré par l’occupant contre les déplacés. Ils ont passé deux jours sur la plage de Deir al-Balah, se réveillant avec l’eau de la mer qui les inondait, avant d’être transférés dans une école à Khan Younès, où ils vivent dans des conditions désespérées, manquant des besoins de base.

    « Je ne peux même pas acheter un oignon », insiste Samaher. « Toute notre nourriture se résume à des conserves de pois, de haricots et de fèves, qui sont toutes nocives à cause des conservateurs et de l’exposition au soleil durant de longues périodes. »

    Ces conserves ne sont même plus facilement disponibles à cause des restrictions sévères imposées par l’occupant sur l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, après l’invasion de Rafah et le contrôle total du point de passage de Rafah avec l’Égypte.

    La montée des prix et la rareté des biens

    En octobre, prétextant les fêtes juives, l’occupant a fermé ce point de passage commercial et a renforcé les restrictions, entraînant l’arrêt de l’entrée des camions d’aide humanitaire et commerciale. Cela a eu des conséquences graves sur la réalité des Gazaouis, provoquant la disparition des produits et une flambée des prix.

    « J’ai dû acheter un sac de farine moisi de 25 kg pour 50 shekels (14 dollars), alors qu’il coûtait le mois précédent moins de 10 shekels (moins de 3 dollars) », explique-t-elle. Samaher, atteinte d’un cancer, a subi une opération d’ablation du sein avant la guerre, et doit consommer des fruits, de la viande et des légumes frais, qui sont rares et trop chers. Elle confie que ni elle ni ses enfants n’ont mangé de viande depuis des mois.

    La détérioration de la sécurité alimentaire

    Même Mahmoud, qui déteste les conserves et souffre de douleurs abdominales et de démangeaisons, n’a pas d’autre choix que de les consommer avec sa mère et ses frères. Il exprime sa nostalgie pour leur maison à Beit Hanoun et pour un plat traditionnel palestinien, le « musakhan », qui nécessite du poulet et beaucoup d’oignons.

    Dans la même école, Umm Samer Abu Amsha, 62 ans, vit avec son mari, ses enfants et leurs familles, un total de 30 personnes. La guerre les a forcés à fuir 14 fois. Elle raconte que la famille a traversé la bande de Gaza du nord au sud depuis leur départ de Beit Hanoun au début de la guerre.

    Dégâts agricoles et crise alimentaire

    Le porte-parole du ministère de l’Agriculture, Mohammed Abu Awda, indique que les Gazaouis ne peuvent pas se permettre de choisir une alimentation saine, se retrouvant souvent limités à des produits alimentaires non sains comme des conserves riches en conservateurs. Ceci entraîne une augmentation des maladies comme l’hépatite et les intoxications alimentaires, ainsi que l’anémie chez les femmes enceintes, les enfants et les personnes âgées.

    Ce responsable souligne que la destruction des installations agricoles, la fermeture des points de passage et l’interdiction d’importer des besoins du marché local ont provoqué une forte augmentation des prix des produits agricoles, atteignant des niveaux insupportables.

    Conséquences humanitaires tragiques

    Selon l’analyse d’une organisation caritative, le prix d’un kilogramme d’oignons dans le nord de Gaza a atteint plus de 400 fois le prix d’avant la guerre, s’élevant à 107 dollars. Depuis le début du conflit, les restrictions imposées par l’occupant sur l’entrée des marchandises et des biens continuent d’aggraver la situation humanitaire.

    Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) indique que la quantité d’aide humanitaire entrante a atteint son niveau le plus bas depuis mars 2024. À peine 52 camions d’aide par jour entrent dans la bande de Gaza, alors qu’il en faudrait plus de 500 pour répondre aux besoins quotidiens.

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