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    Augmentation des enlèvements contre rançon au Soudan

    Soudan

    Augmentation des enlèvements contre rançon au Soudan

    La famille d’un homme d’affaires, originaire de la région de Rifa’a dans l’État de la Jazira (centre du Soudan), a été contrainte de payer 50 millions de livres soudanaises (environ 19 000 dollars) pour sauver sa vie. Cela fait suite à l’envoi par ses ravisseurs, membres des Forces de soutien rapide, d’une vidéo menaçante dans laquelle ils annonçaient leur intention de le tuer dans les heures qui suivaient, à moins que la rançon ne soit réglée.

    Des menaces et des demandes de rançon

    Un membre de la famille de l’homme d’affaires, récemment libéré, a déclaré à Al Jazeera que la famille avait reçu un appel de son fils kidnappé, dans lequel il exigeait l’envoi d’une somme conséquente via une application bancaire. Peu de temps après, ils ont reçu une vidéo où l’homme était vu aux côtés d’un ravisseur, portant un uniforme des Forces de soutien rapide et menaçant de le tuer.

    Dans cette vidéo, l’homme enlevé portait un habit traditionnel soudanais tandis que son ravisseur, dont le visage était masqué, exigeait que la famille paye la rançon sous peine de mort imminente.

    Le schéma des enlèvements

    Il est fréquent que les Forces de soutien rapide forcent les otages à enregistrer des messages audio ou vidéo pour extorquer leurs familles. Selon Al-Mir Mahmoud, secrétaire général de la conférence de Jazira, les ravisseurs ont demandé 5 millions de livres soudanaises (environ 2 000 dollars) pour la libération d’un autre otage, un montant qui a été payé.

    • Un autre cas a été rapporté, celui d’un médecin enlevé dans la région d’Omdourman, qui a également appelé sa famille à payer une rançon pour sa libération.
    • Un jeune homme, « Muath », enlevé, a envoyé un message à sa mère vivant en Europe, lui assurant qu’il allait bien, tout en lui demandant de parler à son ravisseur qui exigeait 5 000 dollars.

    Un collègue de « Muath » a révélé qu’il avait passé des mois dans des conditions déplorables, entraînant une détérioration de sa santé mentale et physique. Malheureusement, il est décédé quelques semaines après sa libération.

    Une tendance inquiétante

    La vague d’enlèvements a fortement augmenté ces derniers temps. Des activistes rapportent que des membres des Forces de soutien rapide ciblent des individus en fonction de leur situation économique ou de la richesse de leur famille, en particulier dans la région du Darfour.

    Récemment, un jeune homme nommé Fath Ahmed Adam, âgé de 18 ans, a été enlevé dans sa ferme à Um Dhi, où les ravisseurs ont exigé 100 millions de livres soudanaises (environ 40 000 dollars) de rançon pour sa libération.

    Sa famille, ne pouvant pas réunir cette somme, a contacté les autorités des Forces de soutien rapide à Ed Daein, la capitale de l’État, et attend une réponse pour sauver leur fils.

    Analyse et témoignages

    Ali Salem, expert en sécurité, souligne que ces enlèvements pour rançon ne sont pas typiques des forces régulières. Il explique que le recours à de telles pratiques par les membres des Forces de soutien rapide est dû à un manque de leadership et de contrôle, ainsi qu’à une nécessité financière pressante.

    Le spécialiste estime que la non-rémunération régulière des soldats et le manque de ressources dans les zones sous leur contrôle ont entraîné ce phénomène inquiétant.

    Négation et accusations

    Des responsables des Forces de soutien rapide ont nié les accusations selon lesquelles leurs membres seraient impliqués dans des enlèvements contre rançon, les qualifiant de « propagande noire ». Ils ont accusé les groupes islamistes et des éléments des forces armées de tenter de ternir leur réputation.

    Une responsable des droits humains, Sahr Abdullah, a exprimé sa profonde inquiétude face à l’augmentation des enlèvements armés pour rançon, soulignant qu’il s’agit de violations flagrantes des lois nationales et du droit international humanitaire.

    Elle a averti que ces pratiques aggravent la crise humanitaire dans le pays et provoquent une souffrance psychologique pour les victimes et leurs familles, appelant à la responsabilité des auteurs de ces actes odieux.

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