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    La mémoire d’une mère palestinienne : un récit poignant

    Palestine, Italie

    La mémoire d’une mère palestinienne : un récit poignant

    Lors d’un événement culturel à Turin, j’ai choisi un siège face à la majestueuse statue d’Emmanuel Philibert, duc de Savoie, tout en m’excusant auprès de mon invité de m’installer à sa droite. Mon choix était motivé par la vue imprenable sur la place du salon de Turin, plutôt que sur le mur gris d’un bar. La beauté du lieu et la statue du « Cavalier en bronze » qui se tenait fièrement au centre m’ont immédiatement séduite.

    Installez confortablement sur un canapé moderne, je me suis plongée dans mon exemplaire du livre « Embrassisme » pour préparer ma présentation de Koussi Komla-Ibri, une figure marquante de la littérature migrante en Italie. Cet événement s’inscrivait dans le cadre de la 18ème édition des « Porticci di Carta », un festival littéraire majeur de Turin.

    Alors que je contemplais la statue de Carlo Marochetti, je ne pouvais m’empêcher de sourire en pensant à ce que l’ancien poète arabe Al-Mutanabbi aurait pensé d’une telle œuvre. Je me suis tournée vers mon invité avec une question qui me tenait à cœur : « La littérature migrante en Italie est souvent marquée par des thèmes tragiques. Pensez-vous que le défi pour un écrivain migrant consiste à éviter de se couler dans le registre de la victimisation ? »

    Une approche littéraire audacieuse

    Koussi Komla a brillamment utilisé l’humour et la satire dans son livre, une technique qui nécessite une grande maîtrise. Il a expliqué qu’il utilisait cette approche pour « désarmer les défenses du lecteur », en provoquant un sourire avant de lui transmettre son message. Il a ainsi défié les stéréotypes souvent associés à la littérature du Sud, évitant le piège de la victimisation.

    Peu après cet échange, j’ai reçu un livre intitulé « Mémoire d’une mère palestinienne – Histoire d’un Checkpoint », publié par « Il Fondaco dei Libri ». Ce livre de 100 pages, imprimé sur un papier de qualité, explore la vie d’une femme palestinienne qui a perdu son mari alors qu’elle était jeune. L’auteur, Ernesto, a choisi de donner la parole à une femme du Sud, un choix audacieux dans un contexte où la voix féminine est souvent étouffée.

    Un récit émotionnel et engagé

    En feuilletant les pages, j’ai été frappée par la capacité d’Ernesto à aborder des sujets sensibles. Dès le début, Angele Lano, experte en affaires arabes et palestiniennes en Italie, partage son expérience personnelle des atrocités en Gaza, soulignant l’importance de l’authenticité dans la narration des souffrances palestiniennes.

    Ernesto Abdullah Russo, né en 1976, nous plonge dans ses racines communistes des années 80 tout en abordant des thèmes contemporains. Son choix de ne pas catégoriser son œuvre sur la couverture est judicieusement stratégique, incitant le lecteur à s’interroger sur la forme littéraire : s’agit-il d’une novella, de réflexions poétiques ou de poèmes en prose ? Chaque chapitre, court et percutant, maintient l’intérêt du lecteur et prévient l’ennui.

    Une approche stylistique captivante

    La concision des chapitres et la richesse du langage poétique incitent le lecteur à s’engager émotionnellement. Malgré la brièveté, chaque texte est une œuvre d’art, et la structure narrative laisse place à l’incertitude, rendant l’expérience de lecture encore plus captivante.

    Ernesto réussit à tisser des références culturelles tout en abordant la souffrance d’une mère palestinienne. Malgré quelques maladresses dans le traitement de l’environnement culturel de l’héroïne, le livre conserve son originalité. Il nous invite à savourer la littérature sans se soucier de la correction politique, tout en honorant la voix profondément humaine de la protagoniste.

    Un appel à la réflexion et à l’empathie

    Ernesto Abdullah Russo, qui vit en harmonie avec la nature et la spiritualité, nous éloigne des débats idéologiques stériles pour partager une œuvre au profit des familles de Gaza. Je suis impatiente d’explorer davantage ce livre qui parvient à capturer l’essence de la littérature palestinienne, un cadeau idéal à offrir pour les fêtes de fin d’année, incarnant ainsi la beauté de l’écriture en tant que moyen d’empathie et de compréhension mutuelle.

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