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    Kurdistan d’Irak : Le défi de former un gouvernement après les élections

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    Kurdistan d’Irak : Le défi de former un gouvernement après les élections

    Bagdad – Plusieurs scénarios sont envisagés pour la formation du prochain gouvernement dans la région du Kurdistan d’Irak après les élections parlementaires qui se sont déroulées le 20 novembre dernier. Ces circonstances posent de grands défis aux partis vainqueurs.

    Le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), dirigé par Masoud Barzani, a perdu la majorité qu’il détenait auparavant, bien qu’il ait remporté 39 sièges, tandis que le mouvement de la nouvelle génération a fait son apparition avec 15 sièges. La formation d’un gouvernement nécessite désormais des compromis précis concernant l’influence et les postes.

    Le PDK fait face à des difficultés pour établir des alliances avec l’opposition, qui a déclaré son refus de participer à un gouvernement dirigé par les partis traditionnels. Parallèlement, l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), dirigée par Pavel Talabani, cherche à obtenir des postes clés et à imposer un nouvel équilibre après avoir remporté 23 sièges.

    Un enjeu interne

    Dans ce contexte, la formation de tout gouvernement kurde nécessitera des négociations ardues et des concessions mutuelles entre tous les partis, chaque formation cherchant à maximiser ses gains.

    Mohammed Shaker, membre du PDK, a nié toute ingérence extérieure ou interne dans le processus de formation du gouvernement régional, affirmant qu’il s’agit d’un « enjeu purement interne ».

    Il a déclaré que son parti s’efforce d’inclure toutes les forces politiques actives dans le prochain gouvernement en menant des négociations approfondies avec tous les partis ayant obtenu des sièges au parlement. Le PDK, en tant que premier vainqueur des élections avec environ 40 % des sièges, exige le respect de la volonté des électeurs du Kurdistan.

    Shaker a également indiqué que son parti était prêt à accorder aux autres partis une part plus importante que celle qu’ils méritent, sans poser de conditions impossibles pour leur participation, soulignant que l’objectif principal est de former un gouvernement solide capable de relever les défis actuels et de préserver les acquis du peuple kurde.

    Il a insisté sur la nécessité que ce processus se déroule de manière démocratique et transparente, loin de toute pression extérieure.

    Conflit fondamental

    De son côté, Mahmoud Khoshnaw, leader de l’UPK, a souligné que le conflit principal entre les forces kurdes concerne la méthode de gouvernance et le mécanisme de formation du gouvernement et de partenariat politique.

    Il a expliqué que l’un des principaux obstacles à la formation du gouvernement est l’incapacité des forces politiques actives au sein du parlement régional à parvenir à un accord politique commun qui permettrait d’établir une majorité parlementaire en mesure d’élire la présidence du parlement, le président de la région et de former le gouvernement.

    Selon Khoshnaw, les dialogues avancent sur deux axes parallèles :

    • Le premier : Le dialogue entre l’UPK et les autres partis.
    • Le second : Le dialogue entre l’UPK et le PDK, qui détiennent ensemble la majorité au parlement.

    Il a confirmé que les deux partis possèdent une grande influence dans divers domaines politiques, économiques et sécuritaires dans la région, et que la troisième réunion entre eux prévue le 7 janvier sera décisive pour discuter d’un projet de programme commun.

    Khoshnaw a ajouté que les autres partis jouent un rôle important, mais que la base du pouvoir dans le Kurdistan repose sur l’UPK et le PDK, soulignant que la question des postes n’est pas le principal obstacle à la formation du gouvernement, mais que la véritable problématique réside dans l’établissement d’un équilibre et d’un véritable partenariat.

    La voie à suivre

    Le politicien kurde opposant, Kawa Mohammed, a affirmé que la meilleure solution pour surmonter les crises accumulées dans la région du Kurdistan serait de former un gouvernement de technocrates, indépendant des principaux partis, en soulignant que « l’influence régionale et internationale joue un rôle majeur dans la nature de ce gouvernement et ses décisions ».

    Il a mis en lumière les profondes divergences entre le PDK et l’UPK, soulignant que l’influence de chacun est concentrée dans des zones spécifiques de la région, ce qui complique l’accord sur un gouvernement unifié. Son échec à répondre aux aspirations populaires au cours des dernières années, surtout dans les domaines de la gestion économique et sécuritaire, a également poussé bon nombre d’électeurs à demander des réformes radicales.

    Selon lui, les partis au pouvoir ont échoué à établir des relations équilibrées avec Bagdad et les pays voisins, ce qui a contribué à compliquer la situation interne dans la région. Mohammed a précisé que « les ingérences extérieures jouent un rôle clé dans l’orientation des événements politiques au Kurdistan, entravant les efforts de réforme et de changement ».

    Il considère que la formation d’un gouvernement de technocrates est la solution idéale pour mettre fin à la stagnation politique et économique dans la région, tout en notant que les partis au pouvoir « rejetent cette option et s’accrochent à leur pouvoir et à leurs intérêts étroits ».

    Enfin, il a souligné que le peuple du Kurdistan aspire à un gouvernement capable d’assurer un développement complet et d’améliorer le niveau des services, et qu’il est impératif que tout gouvernement à venir prenne en compte les aspirations de la population et œuvre pour leurs intérêts supérieurs.

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